La sortie du président français était attendue et annoncée dès la matinée du 18 octobre. Mais au terme d’une déclaration d’à peine huit minutes, les propos censés panser les blessures des différentes parties prenantes ont plutôt suscité l’indignation des Français et Françaises.
Au lieu de rassurer, Emmanuel Macron a plutôt avancé des mises en garde contre une possible instrumentalisation politique de la colère populaire.
« Tous ceux qui aujourd’hui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre n’ont qu’un but, abîmer la République et voler le débat », a déclaré le président.
Cette affirmation, lourde de sens, prend une résonance particulière au regard du calendrier politique, alors que la France se trouve à six mois de l’élection présidentielle.
Pourtant il convient de faire cette distinction entre manifestants pacifiques et auteurs de violences est pourtant essentielle. Rien ne permet d’assimiler l’ensemble des personnes descendues dans la rue aux auteurs de pillages et de dégradations.
De même, la proximité d’une échéance électorale ne suffit pas, à elle seule, à démontrer que les mobilisations répondent à une stratégie de déstabilisation.
Sans présenter de preuves tangibles, sans citer de noms, voilà un président qui détourne l’attention des revendications sociales et économiques des manifestants plutôt que de sonner le rassemblement.
Cheick Omar Ouedraogo
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