Si nous convenons tous qu’il faut dénoncer l’impérialisme sous toutes ses formes sans nous arrêter à mi-chemin,il faut, corrélativement à la dénonciation de ses méfaits, dire aux masses populaires par quoi nous pouvons et devons remplacer ce mal.
Et c’est ce qu’a fait fort à propos le président du Faso Ibrahim Traoré dans son message au peuple à l’occasion du lancement des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, en revenant sur la nécessité de produire, transformer et consommer nos produits locaux, seul gage de l’indépendance nationale, si tant est qu’un homme qui a faim n’est pas libre mais surtout est permanement en colère.
C’est dire qu’à l’éducation politique permanente doit se juxtaposer la nécessité d’envisager concrètement le moyen le plus sûr et le plus rapide de couper la racine du mal par des formes actives de lutte et de désenchainement des consciences.
L’offensive agro-sylvo-pastorale s’inscrit dans cette dynamique souverainiste qui ne peut-être soutenue que par notre appétence pour nos produits du crû.
En tant que révolution, la nécessité se pose de proposer dès maintenant, en plus du programme agraire de prendre des mesures pratiques, réalisables, et commandées par l’intérêt national.
Contrairement à la phraséologie et à la politique petite bourgeoise sur les « normes » de consommation axées sur l’importation des produits occidentaux souvent par des voies frauduleuses, il faut désormais privilégier la norme nationale en asseyant l’essor industriel sur l’agriculture par le biais de la production de denrées alimentaires et dynamiser ainsi le tissu économique du pays tout en resorbant la question du sous emploi et du chômage des jeunes. En un mot,il faut mettre fin « au développement exogène surimposé au Burkina Faso »(dixit Joseph Ki Zerbo) qui a généré non seulement la pauvreté, mais la paupérisation des masses populaires surtout en milieu rural.
Mettre fin aux bouleversements alimentaires, aller plus loin dans le développement endogène et la révolution mentale et accroître le potentiel économique du pays, voilà la quintessence d’un message qui constitue un tournant décisif dans la marche du Faso vers le progrès et le développement solidaire.
Mon assiette,ma fierté et mon indépendance véritable !
Boubakar SY
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