Au Sénégal, les responsables publics sont désormais davantage exposés au contrôle sur leur patrimoine. Sur 3 023 personnes provisoirement recensées comme soumises à cette obligation, 1 695 ont déjà effectué leur déclaration, soit près de 56 %.
La publication de ces premières listes intervient dans le cadre du dispositif de lutte contre la fraude et l’enrichissement illicite. Elle permet surtout de distinguer, à ce stade, les responsables qui ont rempli la formalité de ceux dont le dossier n’a pas encore été enregistré.
La démarche a connu une nette accélération en juillet. Plus de 800 déclarations ont été déposées en un mois, alors que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption en recevait auparavant une dizaine en moyenne chaque mois. Les personnes concernées avaient jusqu’au 31 juillet pour se mettre en règle.
L’obligation vise notamment les membres du gouvernement et de l’Assemblée nationale, certains magistrats, les gouverneurs, préfets, sous-préfets, maires et présidents de conseil départemental. Elle s’étend également aux dirigeants de plusieurs structures publiques ainsi qu’aux responsables qui gèrent au moins 500 millions de francs CFA par an.
À l’Assemblée nationale, 19 responsables ont déjà accompli cette formalité, parmi lesquels Ousmane Sonko, président de l’institution.
Mais le dispositif ne consiste pas à exposer la fortune des élus au grand public. Les biens, comptes bancaires et autres avoirs déclarés restent confidentiels. Les listes actuellement publiées doivent encore être contrôlées avant leur validation définitive.
Pour les responsables qui ne respecteraient pas leur obligation après mise en demeure, la loi prévoit des sanctions pouvant aller d’une retenue sur rémunération à des poursuites administratives ou pénales.
Yolande Bazié
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