À Kampala, la capitale ougandaise, le silence lourd des audiences contraste avec l’horreur des faits. Le lundi 13 avril 2026, s’est ouvert le procès de Christopher Okello Onyum, accusé du meurtre de quatre enfants dans une crèche, un drame qui a profondément bouleversé le pays.
Devant le tribunal, l’accusé a surpris en plaidant non coupable, alors même que le parquet affirme qu’il aurait reconnu les faits lors d’une précédente audition. Une posture qui ajoute une nouvelle zone d’ombre à une affaire déjà insoutenable.
Selon les procureurs, l’accusé aurait avoué avoir agi sous l’emprise d’une croyance troublante : celle qu’un « sacrifice humain » lui ouvrirait les portes de la richesse.
Dans la salle d’audience, installée sous des tentes pour accueillir un public nombreux et sous tension, les témoignages ont plongé l’assistance dans une atmosphère d’effroi.
Une employée de l’établissement a livré un récit bouleversant, décrivant l’instant où la réalité a basculé :
« J’ai d’abord cru qu’il frappait un enfant… puis j’ai vu Kaisha contre le mur, dans une mare de sang. Il avait un couteau et s’est jeté sur un autre enfant. »
Dans la panique, elle dit avoir tenté d’intervenir en lançant un vélo pour détourner l’agresseur, avant d’être elle-même prise pour cible dans une scène de chaos total.
Les familles des victimes ont, à leur tour, livré des témoignages déchirants. Entre souvenirs du matin passé avec leurs enfants et appel tragique annonçant l’attaque, plusieurs ont dû faire face à l’insoutenable réalité à l’hôpital.
L’émotion a atteint son paroxysme lorsque Stella Apolot, mère de l’une des victimes, s’est effondrée à la barre après sa déposition.
Les faits reprochés remontent au 2 avril, jour où l’homme aurait été arrêté alors qu’il tentait de fuir les lieux du crime. Il est accusé d’avoir poignardé quatre enfants âgés de 15 mois à deux ans et demi, dans une attaque d’une violence extrême survenue dans un centre de développement de la petite enfance du quartier de Ggaba.
L’audience a été suspendue et reprendra mercredi, dans un climat où la justice devra désormais tenter de répondre à une tragédie qui laisse une nation sous le choc.
Yolande Bazié
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