Nouvelles Afrique, fidèle à sa volonté de faire connaître l’Afrique aux Africains, se penche aujourd’hui sur le Niger, pays du Sahel et du Sahara. Jadis étiqueté comme l’un des plus pauvres du continent, il se révèle depuis la prise de pouvoir du général Abdourahamane Tiani, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2023, comme l’un des plus puissants en raison de ses innombrables ressources minières et naturelles (or, uranium, pétrole, etc.).
L’occupation humaine de ce vaste territoire remonte au Néolithique supérieur, comme en témoignent les peintures rupestres découvertes dans les grottes du massif de l’Aïr. À partir du VIᵉ siècle, les « protosonghaïs », venus selon la légende du Yémen, imposent progressivement leur domination dans la région. Captifs du royaume du Mali, Ali Kolen (ou Golon) et son frère Souleymane Nar parviennent à s’échapper et posent les bases de ce qui deviendra plus tard l’empire songhaï. Au XIᵉ siècle, Gao, la capitale, rivalise déjà de prospérité avec Koumbi Saleh sous l’égide d’Ali Kolen, fondateur de la dynastie des Si ou Sonni.
Le plus grand de ces souverains fut Sonni Ali Ber (Ali le Grand), conquérant comparable à Soundiata Keïta. Expert en haute magie, issu d’une lignée versée dans les sciences divinatoires, il libère le Songhaï de la tutelle du Mali et étend son empire : Tombouctou en 1468, Djenné en 1473, puis le Macina. Général invaincu, sa mémoire demeure vivace.
L’empire décline sous la dynastie des Askia, fondée par Mohamed Torodo, gouverneur de Hombori. Sa chute survient en 1591, lorsque Djouder Pacha, eunuque espagnol envoyé par le sultan Moulay Ahmed al-Mansour du Maroc, défait les troupes de l’Askia Ishak II grâce à la supériorité de ses armes à feu. Ce fut la première fois que le tonnerre des mousquets déchirait le ciel du Soudan. L’Askia Nouh résista héroïquement jusqu’en 1595 avant de tomber à Bilanga, dans le Gourma.
C’est sur cet héritage et sur une partie des cités haoussa situées entre le Niger et le Tchad que naît plus tard l’État nigérien, conquis par la France. Dès 1900, celle-ci s’installe à Zinder et crée le territoire militaire du Niger. Intégré à l’AOF en 1922, le pays accède à l’indépendance le 3 août 1960, sous la présidence d’Hamani Diori, panafricaniste et souverainiste.
Après une succession de cinq coups d’État, dont le premier fut mené par le colonel Seyni Kountché, le pays demeure longtemps sous influence française et soumis aux logiques de la « Françafrique ». L’avènement du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) conduit par le général Tiani, en 2023, marque une rupture. Face à cette indépendance retrouvée, la France et la CEDEAO multiplient les pressions, allant jusqu’à bloquer des médicaments et des fonds pour fragiliser le régime.
Mais le peuple nigérien, fort de sa résilience et soutenu par ses alliés maliens et burkinabè, surmonte ces épreuves et renforce sa position. Ironie du sort, la France, jadis maîtresse de l’uranium nigérien, négocie aujourd’hui pour en obtenir quelques miettes. Le refus des autorités de Niamey n’est pas une vengeance, mais l’affirmation claire d’une souveraineté retrouvée.
Jadis classé parmi les pays pauvres très endettés, le Niger attire désormais les grandes puissances. Il s’affirme comme une force montante du continent.
Un juste retour des choses, au regard de son glorieux passé.
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