Wendinmi Cheick Omar Ouédraogo
L’élection présidentielle du 23 novembre prochain en Guinée Bissau s’annonce particulièrement tendue. En l’absence du principal opposant Domingos Simões Pereira, le président sortant Umaro Sissoco Embaló se lance dans la course à un second mandat face à onze concurrents aux profils variés.

Pour la première fois depuis l’indépendance en 1974, le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert ) qui a conduit le pays à l’indépendance de la Guinée-Bissau ne participera pas au scrutin.

L’ex-Premier ministre Domingos Simões Pereira, chef de la coalition d’opposition « Pai-Terra Ranka », regroupant une dizaine de partis dont le PAIGC, a été écarté de la course à la présidentielle de novembre 2025. Il a vu sa candidature rejetée pour dépôt hors délai selon la Cour suprême.
Derrière ce stratagème se cache une pratique désormais familière dans certaines démocraties africaines fragiles : utiliser la loi et les institutions comme armes politiques pour neutraliser les rivaux et s’éterniser au pouvoir.
« Les juges ne sont pas au-dessus des lois (…) Leur devoir n’est pas de servir les ambitions et la volonté d’un seul homme (…) et encore moins d’un dictateur dont la période de légitimité a déjà expiré », a dénoncé M. Pereira.
Dispositif sécuritaire exceptionnel annoncé
Le président sortant devra affronter l’ex-Chef d’Etat, José Mario Vaz (2014-2019), ainsi que l’ancien premier ministre, Baciro Dja. Mais à quelques semaines du scrutin, le régime en place évoque des troubles sécuritaires, justifiant l’arrestation d’officiers généraux accusés d’avoir préparé un coup d’État.
Ce communiqué lu aux journalistes sans possibilité pour eux de s’exprimer révèle la frilosité du pouvoir face à cette opposition résolue à triompher. Comme à Madagascar, le régime semble préparer le terrain pour que l’armée ne puisse pas intervenir et s’assurer un soutien en cas de contestation populaire.
Dans la foulée, le régime a adopté une série de mesures draconiennes visant à intimider la population, dont la mise en place d’un commandement conjoint chargé d’assurer la sécurité des élections législatives et présidentielle du 23 novembre.
Ce commandement est composé de plus de 15 000 membres des Forces armées, de la Garde nationale, de la Police de l’ordre public et des Forces de stabilisation de la CEDEAO. « Sa mission est d’assurer la protection des candidats, des coalitions électorales et des partis politiques sur l’ensemble du territoire national, ainsi que de réprimer fermement toute menace avant, pendant et après le scrutin».
Le scrutin de déroule dans un climat peu serein entre mesures coercitives et tensions militaires. C’est dire qu’il se présente comme un test grandeur nature pour la jeune démocratie bissau-guinéenne.
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