L’Afrique du Sud repart au combat pour empêcher que des objets ayant appartenu à Nelson Mandela soient vendus aux enchères aux États-Unis. Le gouvernement a saisi la Cour constitutionnelle, dernière étape d’une bataille judiciaire qui dure depuis plusieurs années.
Au cœur du dossier, 29 objets liés à l’ancien président sud-africain. Parmi eux figurent sa carte d’identité, plusieurs de ses célèbres chemises, des écrits, une aide auditive ainsi qu’une clé présentée comme celle de sa cellule à Robben Island, où Mandela a passé une grande partie de ses 27 années de détention. Certains objets sont également des cadeaux reçus de dirigeants étrangers, dont Barack Obama et Bill Clinton.
Pour Pretoria, ces biens ne peuvent pas être considérés comme de simples souvenirs familiaux. L’Agence sud-africaine des ressources patrimoniales (SAHRA), le musée de Robben Island et le ministère des Sports, des Arts et de la Culture estiment qu’ils font partie de l’histoire du pays et que leur exportation doit être soumise aux règles de protection du patrimoine.
En face, Makaziwe Mandela, fille aînée de Nelson Mandela, défend son droit à disposer de biens hérités de son père. Le projet de vente vise notamment à financer la construction d’un jardin mémoriel à Qunu, dans la province du Cap-Oriental, où repose l’ancien président.
Le bras de fer ne date pas d’hier. La vente avait été annoncée dès 2021 avant d’être suspendue en 2022 à la suite d’une procédure engagée par les autorités sud-africaines. Après une décision favorable à la vente, le dossier a continué devant les juridictions supérieures. En janvier 2026, la Cour suprême d’appel avait rejeté les objections de la SAHRA.
Cette nouvelle saisine de la Cour constitutionnelle remet donc au centre du débat le droit d’une famille à disposer des biens personnels d’une figure devenue un symbole national. Pour les autorités sud-africaines, certains objets liés à Mandela dépassent désormais le cadre familial et relèvent de la mémoire collective.
La décision de la Cour constitutionnelle pourrait ainsi trancher non seulement le sort de ces objets, mais aussi une question plus large sur la protection du patrimoine historique sud-africain.
Yolande Bazié
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