Le Tchad a officiellement engagé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Les autorités tchadiennes ont annoncé, ce lundi, avoir transmis au Secrétaire général des Nations unies la notification officielle de cette décision, qui prendra effet dans un délai d’un an, conformément aux dispositions du Statut de Rome.
Dans un communiqué, le ministère tchadien des Affaires étrangères explique que cette décision souveraine intervient à l’issue d’une évaluation du fonctionnement de la CPI depuis sa création en 2002. N’Djamena estime que les résultats de la juridiction restent insuffisants et critique une concentration des enquêtes sur les pays africains.
Le gouvernement souligne notamment que neuf des treize situations ayant fait l’objet d’enquêtes par la CPI concernent des États africains. Selon les autorités, cette situation nourrit des interrogations sur l’impartialité de la Cour et renforce le sentiment d’une justice internationale appliquée de manière sélective.
Par ailleurs, le Tchad invite l’Union africaine et ses États membres à accélérer la mise en place de mécanismes judiciaires africains capables de traiter les crimes les plus graves, dans le respect de la souveraineté des États.
Le gouvernement tient toutefois à préciser que ce retrait ne signifie pas un abandon de la lutte contre l’impunité. Il affirme rester déterminé à poursuivre les auteurs de crimes graves et à respecter les engagements pris dans le cadre d’autres instruments internationaux.
Djamila Kambou
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