Le Tchad durcit le ton contre le désordre informationnel. Dans deux communiqués publiés ce lundi, la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) annonce la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de l’examen des demandes de création de journaux en ligne. Cette décision intervient dans un contexte marqué par la prolifération de faux médias sur les réseaux sociaux et la diffusion croissante de contenus jugés mensongers.
L’organe de régulation, dirigé par Halimé Assadya Ali, dénonce l’apparition de nombreuses pages se faisant passer pour des médias professionnels. Selon la HAMA, ces plateformes diffusent des informations non vérifiées, de fausses nouvelles, des contenus diffamatoires ainsi que des publications portant atteinte à l’honneur des citoyens et des institutions de la République.
Au-delà des réseaux sociaux, la HAMA pointe également des manquements dans la presse écrite. Plusieurs journaux ne respecteraient pas les obligations relatives au dépôt légal, pourtant imposées par la réglementation.
Face à ces dérives, l’institution rappelle que la liberté de la presse ne saurait s’affranchir des lois, de l’éthique et de la déontologie. Elle invite les professionnels des médias à respecter strictement le Code d’éthique et de déontologie du journaliste tchadien ainsi que les textes encadrant les activités d’information et de communication.
Cette suspension s’inscrit dans le cadre de son Plan stratégique 2026-2028, qui fait de l’assainissement du paysage médiatique une priorité. L’autorité entend engager prochainement une concertation avec les acteurs du secteur afin de mettre en place un cadre de gouvernance plus rigoureux pour les médias en ligne, dans l’objectif de renforcer la crédibilité de l’information et de mieux lutter contre la désinformation.
Djamila Kambou
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