« Qu’ils me condamnent à mort, je boirai la ciguë comme Socrate ». C’est la déclaration de l’ancien ministre de la justice Constant Mutamba qui dénonce un procès politique à son encontre.
Poursuivi dans le dossier lié au Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), le principal accusé soulève un vice de procédure portant d’abord sur la compétence même de la Cour de cassation à le juger.
Devant les juges, Constant Mutamba a soutenu qu’ayant quitté ses fonctions ministérielles, il est désormais un simple citoyen et ne devrait plus être jugé par cette juridiction.
« La constitution détermine clairement les personnes qui sont justiciables devant la cour de cassation. Ce sont les ministres, les membres du gouvernement, les députés nationaux, les gouverneurs, vice-gouverneurs et autres. Est-ce qu’il y a un citoyen lambda du nom de Mutamba qui peut être justiciable devant la cour de cassation ? », a-t-il confié.
Constant Mutamba a par ailleurs dénoncé ce qu’il qualifie de violation de ses droits de la défense, affirmant ne pas avoir été autorisé à soulever des exceptions de procédure avant l’examen du fond de l’affaire.
Ce qui l’a conduit à quitter la salle d’audience. Il a assuré qu’il refusait de cautionner cette situation et s’est dit prêt à assumer les conséquences d’une éventuelle condamnation.
Malgré ce départ, les juges ont poursuivi les débats. La prochaine audience est fixée au vendredi 31 juillet. Reste à savoir si l’ancien ministre choisira de revenir devant les juges, ou de maintenir son boycott.
En rappel, l’ex ministre de la justice a déjà été condamné dans une affaire de détournement relative à la construction de prisons. Depuis lors, il purge sa peine de trois ans de travaux forcés dans une résidence surveillée.
Cheick Omar Ouedraogo
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