Le Rwanda a procédé à la libération de 533 personnes condamnées pour leur participation au génocide de 1994 contre les Tutsi. Cette mesure intervient après l’exécution complète de leurs peines de prison, a annoncé vendredi le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe.
Selon le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Jean-Damascène Bizimana, les anciens détenus ont bénéficié d’une formation à la réhabilitation avant leur sortie de prison. Cette préparation vise à faciliter leur retour dans la société.
Les autorités rwandaises les ont toutefois mis en garde contre toute tentative de propagation de l’idéologie du génocide, d’incitation à la haine ethnique ou de commission de nouvelles infractions, sous peine de retourner en détention.
Cette nouvelle libération s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs décennies. D’après Olivier Nduhungirehe, ces 533 personnes rejoignent des dizaines de milliers d’anciens détenus déjà remis en liberté au cours des 25 dernières années.
Plus de 100 000 personnes ont été condamnées pour leur implication dans le génocide de 1994, qui a fait plus d’un million de victimes, principalement parmi les Tutsi et les Hutu modérés, en une centaine de jours.
Pour juger les crimes commis durant cette période, le Rwanda a notamment mis en place, à partir de 2002, les juridictions communautaires Gacaca. Environ 12 000 tribunaux de ce type ont examiné près de 1,9 million d’affaires à travers le pays.
Djamila Kambou
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