L’EFCC serre la vis en interne. Plus de 40 employés de la Commission des crimes économiques et financiers du Nigeria ont été licenciés au cours des deux à trois dernières années pour des faits présumés de corruption et de malversations financières, a annoncé son président, Ola Olukoyede
.
Lors d’un point de presse organisé à Abuja pour dresser le bilan de son action à la tête de l’institution, le responsable a indiqué que plus de cinq anciens agents licenciés sont déjà poursuivis devant la justice. D’autres dossiers seraient également en cours de préparation.
Cette politique de sanctions s’inscrit dans les réformes engagées depuis l’arrivée d’Ola Olukoyede à la tête de l’EFCC, en octobre 2023. L’objectif affiché est de renforcer l’intégrité d’une institution chargée précisément de traquer la corruption et les crimes financiers.
Dans cette logique, le département des affaires intérieures a été rebaptisé « département de l’éthique et de l’intégrité ».
L’agence a également renforcé ses règles concernant les cadeaux et les invitations afin de limiter les risques de conflits d’intérêts.
Certains cadeaux reçus, y compris de la part de proches établis à l’étranger, doivent désormais être déclarés lorsqu’ils dépassent le seuil fixé.
Pour le patron de l’EFCC, la lutte contre la corruption ne peut être crédible si ceux qui la mènent sont eux-mêmes impliqués dans des pratiques répréhensibles.
Ola Olukoyede a également présenté les résultats enregistrés depuis sa prise de fonction. Selon les données communiquées, l’EFCC a récupéré 1,23 billion de nairas, soit environ 925 millions de dollars, et affiche un taux de condamnation supérieur à 75 %.
Entre octobre 2023 et juillet 2026, l’agence dit avoir reçu 49 673 plaintes, ouvert des enquêtes sur 39 615 dossiers, engagé 14 476 procédures judiciaires et obtenu 10 872 condamnations.
La tendance s’est poursuivie au premier semestre 2026, avec 1 370 condamnations enregistrées sur 1 889 plaintes.
Pour Ola Olukoyede, ces résultats témoignent d’une volonté de renforcer l’efficacité de l’EFCC à travers des enquêtes davantage fondées sur les preuves et une stratégie judiciaire plus rigoureuse.
Au-delà des chiffres, le message du responsable est clair : l’agence entend d’abord assainir ses propres rangs pour renforcer sa crédibilité dans la lutte contre la corruption au Nigeria.
Djamila kambou
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