Trois peines capitales prononcées en trois jours d’audience. À Gao, la première session de la chambre criminelle du Tribunal de grande instance s’est achevée le 8 octobre 2026 avec des verdicts lourds dans neuf affaires impliquant onze accusés.
Les dossiers examinés concernent des crimes particulièrement graves, dont deux assassinats, un meurtre, deux affaires de coups mortels, un viol et trois affaires d’atteintes sexuelles sur mineurs. À l’issue des débats, trois accusés ont été condamnés à mort, un autre à la réclusion criminelle à perpétuité et quatre à des peines allant de dix à vingt ans de prison. Trois personnes ont été acquittées et libérées.
Mais au-delà de la sévérité des verdicts, cette session revêt une autre portée pour la région. Gao accueille désormais des audiences criminelles au sein de son propre tribunal, alors que ce type d’affaires devait auparavant être jugé à la cour d’appel de Mopti. Les déplacements et les reports pouvaient ainsi prolonger l’attente des détenus et alourdir les démarches des justiciables.
Cette première session s’inscrit dans la réforme de la justice malienne engagée ces dernières années, qui prévoit le fonctionnement des chambres criminelles au niveau des tribunaux de grande instance. L’objectif est de rapprocher les audiences des populations et de faciliter le traitement des dossiers les plus graves.
La peine de mort demeure prévue par la législation malienne. Le pays n’a cependant procédé à aucune exécution depuis 1980. Les trois condamnations prononcées à Gao ne signifient donc pas qu’une exécution est imminente.
Yolande Bazié
En savoir plus sur Nouvelles Afrique
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






