L’Éthiopie menace de recourir à la légitime défense contre l’Érythrée, qu’elle accuse d’avoir envoyé des troupes sur son territoire, notamment dans la région du Tigré. Dans une lettre adressée le 8 octobre au Conseil de sécurité de l’ONU, le chef de la diplomatie éthiopienne, Gedion Timothewos, a exigé le retrait immédiat des forces érythréennes et alerté sur les risques pour la stabilité régionale.
Selon Addis-Abeba, les incursions militaires se seraient multipliées le long de la frontière commune. Le gouvernement éthiopien affirme notamment que des unités mécanisées érythréennes ont été déployées en profondeur dans le Tigré, une région encore marquée par plusieurs années de conflit.
Face à ce qu’elle considère comme une atteinte à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, l’Éthiopie estime ne plus avoir d’autre option que de se défendre si la présence des troupes voisines se poursuit. Elle demande au Conseil de sécurité de se saisir de la situation afin d’éviter une nouvelle dégradation de la sécurité dans la Corne de l’Afrique.
Asmara rejette catégoriquement ces accusations. Les autorités érythréennes y voient un prétexte susceptible de servir à justifier une opération militaire éthiopienne contre leur pays.
Les tensions interviennent alors que les affrontements ont repris dans le Tigré entre les forces fédérales éthiopiennes et des groupes armés liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Djamila Kambou
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