Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a appelé la Malaisie et la Turquie à renforcer leur coopération dans des domaines stratégiques tels que l’échange de technologies, la numérisation et l’intelligence artificielle, afin de faire face aux défis mondiaux et de favoriser une prospérité partagée.
Anwar Ibrahim effectue actuellement une visite officielle de trois jours en Turquie, entamée mardi. Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays.
Le chef du gouvernement malaisien a souligné l’importance des échanges économiques entre Kuala Lumpur et Ankara. En 2024, le volume des échanges commerciaux a atteint 5,2 milliards de dollars, avec un objectif commun de le porter à 10 milliards de dollars dans les prochaines années.
Entre janvier et novembre 2025, les échanges commerciaux ont totalisé 21,2 milliards de ringgits malaisiens. La Turquie demeure ainsi un partenaire économique majeur pour la Malaisie. En 2024, elle était son troisième partenaire commercial, sa principale destination d’exportation et son quatrième fournisseur parmi les pays d’Asie occidentale.
Anwar Ibrahim a indiqué que les économies des deux pays sont complémentaires, rendant une coopération étroite indispensable pour renforcer leur croissance économique. Il a également souligné que cette collaboration permettra aux deux États de mieux s’adapter aux mutations économiques et technologiques mondiales.
Abordant la question de l’intelligence artificielle, le Premier ministre a mis en garde contre un optimisme excessif ou une peur paralysante. Il a rappelé que le modèle de développement fondé sur l’industrialisation et la main-d’œuvre abondante est aujourd’hui mis à l’épreuve par l’automatisation et les technologies avancées.
Selon lui, la montée en puissance des machines, y compris dans les tâches intellectuelles, réduit l’avantage des faibles coûts de main-d’œuvre et exerce une pression croissante sur les économies industrielles. Une mauvaise gestion de cette transition pourrait accentuer les inégalités et l’instabilité sociale.
Anwar Ibrahim a insisté sur la nécessité de repenser les systèmes éducatifs afin de développer des compétences humaines que les machines ne peuvent remplacer, telles que la pensée critique, la créativité, le jugement moral et le leadership.
Il a également souligné le rôle central des États dans la régulation des systèmes numériques, appelant à l’établissement de normes claires, au renforcement de la responsabilité et à la protection de la confiance du public dans l’espace numérique.
Enfin, il a affirmé qu’une intelligence artificielle bien encadrée peut favoriser une croissance inclusive, améliorer l’accès aux soins de santé, renforcer l’éducation et accroître la productivité dans les secteurs de l’agriculture, des services et de l’industrie.
Yolande Bazié
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