L’Iran a convoqué dimanche 26 juillet l’ambassadeur de France à Téhéran, Pierre Cochard, pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« ingérence » française dans ses affaires intérieures. Cette démarche intervient après l’interpellation de deux diplomates français accusés par les autorités iraniennes d’avoir participé à des activités jugées sensibles.
Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, les deux représentants français auraient pris part, le 19 juillet, à une rencontre avec des personnes poursuivies pour des faits liés à la sécurité nationale, sous couvert d’un échange avec la société civile. Téhéran affirme avoir découvert des documents liés à des activités illégales et indique qu’une enquête est en cours.
Les autorités iraniennes rejettent toutefois les accusations françaises de mauvais traitement. Elles assurent que les diplomates ont seulement été brièvement interrogés avant d’être transférés vers les services de police diplomatique, puis remis à leur ambassade après vérification de leur statut.
Une version contestée par Paris. Le gouvernement français affirme que les deux agents ont été retenus pendant près de quatre heures sans pouvoir contacter leur représentation diplomatique. La France accuse également les autorités iraniennes d’avoir violenté l’un des diplomates, qui aurait été « molesté, brutalisé et frappé ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé une action « grave » et « préméditée », estimant qu’elle constituait une violation des protections accordées au personnel diplomatique par les conventions de Vienne. Les deux diplomates ont depuis quitté l’Iran et poursuivront leurs missions depuis Paris.
Cette nouvelle crise intervient après une série de convocations réciproques entre les deux pays. Paris avait convoqué le chargé d’affaires iranien le 21 juillet et demandé des explications, ainsi que des mesures contre les responsables présumés des faits. La France a également évoqué de possibles réponses diplomatiques, dont des sanctions.
Djamila Kambou
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