Le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc s’apprête à franchir un cap décisif. Les deux pays prévoient de signer, d’ici fin 2026, un accord intergouvernemental majeur destiné à encadrer cette infrastructure stratégique estimée à 25 milliards de dollars.
Porté conjointement par l’Office National des Hydrocarbures et des Mines et la Nigerian National Petroleum Company, ce projet titanesque, baptisé « African Atlantic Gas Pipeline », ambitionne d’acheminer le gaz nigérian jusqu’au Maroc, avant une extension vers les marchés européens.
Long de près de 6 900 kilomètres, le futur gazoduc qui combinera des segments terrestres et offshore pourrait devenir le plus long gazoduc en mer au monde. Sa capacité annuelle est estimée à 30 milliards de mètres cubes de gaz, faisant de cette infrastructure un levier énergétique de premier plan pour toute la façade atlantique africaine.
Soutenu par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le projet prévoit de traverser ou desservir 13 pays. La signature de l’accord intergouvernemental ouvrira la voie à la mise en place d’une autorité de pilotage basée au Nigeria, chargée d’assurer la coordination entre les États partenaires.
Au-delà de sa dimension énergétique, le Gazoduc Afrique Atlantique se veut un puissant catalyseur de transformation économique. Il devrait améliorer l’accès à l’énergie pour près de 400 millions de personnes, tout en stimulant l’industrialisation grâce au développement de pôles pétrochimiques et d’unités de production d’engrais.
La phase de construction pourrait générer jusqu’à 50 000 emplois par an, tandis que les capacités d’exportation vers l’Europe estimées à 15 milliards de mètres cubes annuels renforceraient les liens énergétiques entre l’Afrique et le continent européen.
À terme, ce mégaprojet s’inscrit dans une dynamique de transition énergétique plus propre, alors que l’Afrique détient environ 13 % des réserves mondiales de gaz naturel. Un chantier d’envergure qui pourrait redessiner durablement la carte énergétique du continent.
Yolande Bazié
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