C’est une affaire aussi troublante qu’inattendue qui a été jugée au Tribunal de grande instance de Ouaga I : une femme mariée et son ancien amant ont été condamnés après avoir inventé de toutes pièces un viol pour obtenir une autorisation d’interruption de grossesse.
Tout commence comme une histoire presque romanesque. Après 25 ans de silence, Alima et Ibrahim renouent le contact en 2025. Très vite, la relation reprend… jusqu’à ce qu’une grossesse vienne tout bouleverser. Problème : Alima est déjà mariée, son époux vivant à l’étranger.
Pris au piège de leur situation, les deux amants décident de franchir une ligne rouge. Pour contourner la loi, ils montent un scénario choquant : faire passer la grossesse pour la conséquence d’un viol. Une version soigneusement préparée qu’ils présentent à la justice pour obtenir le feu vert à un avortement.
Mais leur plan va rapidement s’effondrer.
Alertées, les autorités ouvrent une enquête. Et très vite, les incohérences apparaissent. Le coup de grâce viendra de leurs propres téléphones : des enregistrements accablants révèlent une mise en scène préméditée. Face aux preuves, les deux accusés n’ont d’autre choix que de reconnaître les faits à la barre.
Indignée, l’accusation dénonce une tentative grave de manipulation de la justice.
Le verdict tombe : 12 mois de prison avec sursis pour chacun, accompagnés d’une amende de 500 000 FCFA, dont 250 000 FCFA incompressible. Le téléphone ayant servi à orchestrer ce mensonge a également été confisqué.
Une leçon amère pour les deux condamnés : manipuler la justice peut coûter bien plus cher que d’assumer ses choix.
Djamila Kambou
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