Confronté à une perte d’influence croissante sur le continent africain, le Fonds monétaire international (FMI) tente de réajuster sa stratégie en nommant un Africain à un poste clé : l’ancien Premier ministre mauritanien Zeine Ould Zeidane.
Officiellement désigné le 3 avril 2026 à la tête du département Afrique, avec une prise de fonction prévue le 1er mai, il succède à Abebe Aemro Selassie un Éthiopien. Mais au-delà d’un simple changement de visage, cette nomination intervient dans un contexte de défiance de plus en plus marquée de plusieurs pays africains
Depuis quelques années, le FMI fait face à des critiques récurrentes sur ses politiques jugées contraignantes. Ses programmes d’ajustement, souvent conditionnés à des réformes strictes, sont accusés d’imposer des mesures d’austérité qui pèsent lourdement sur les populations et fragilisent les économies nationales.
À cela s’ajoute la question des coûts de financement. Les taux et les conditions de remboursement appliqués par le FMI sont perçus par des experts avertis comme particulièrement élevés, voire asphyxiants pour des économies déjà sous pression. Plusieurs États dénoncent ainsi un mécanisme qui, au lieu de soutenir durablement la croissance, contribue à alourdir la dépendance financière.
C’est dans ce climat que le choix de Zeine Ould Zeidane prend tout son sens. Il connaît bien les rouages du Fonds monétaire international pour y avoir occupé plusieurs postes depuis 2012, notamment comme directeur adjoint. Ancien responsable politique en Mauritanie, il apparaît comme un profil capable de dialoguer avec les autorités africaines, dans un contexte de tensions croissantes avec l’institution.
Reste à savoir si ce changement de leadership suffira à enrayer la défiance croissante envers le FMI, dont le rôle en Afrique est aujourd’hui plus contesté que jamais.
Yolande Bazié
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