La Guinée instaure une nouvelle taxe visant les géants du numérique. À travers un décret signé par le président de la transition, Mamadi Doumbouya et rendu public le 21 mai 2026, des plateformes étrangères comme Google, Amazon et Netflix devront désormais verser une contribution sur les revenus générés par leurs services consommés en Guinée.
Cette réforme vise à mieux encadrer les activités numériques étrangères tout en augmentant les ressources financières de l’État dans le secteur digital.
Cette « Redevance de conformité numérique » (RCN), concerne plusieurs catégories de services numériques utilisés dans le pays. Il s’agit des plateformes de streaming audio et vidéo, les jeux en ligne, la publicité numérique, les services cloud, les logiciels SaaS, le commerce électronique ainsi que les plateformes de réservation en ligne.
Pour déterminer si un service numérique est effectivement consommé en Guinée, les autorités s’appuieront sur plusieurs critères, notamment l’adresse IP, le mode de paiement utilisé, le numéro de téléphone, l’adresse de facturation ou encore les paramètres du compte utilisateur.
Le montant de la taxe sera calculé sur les revenus générés dans le pays, convertis en francs guinéens selon les taux de la Banque centrale. Les taux appliqués varieront entre 1,5 % et 7 % selon les catégories de services. Une phase transitoire de douze mois prévoit toutefois un taux réduit compris entre 1 % et 3 %.
Le décret prévoit également la création de deux nouvelles structures : la Plateforme d’Analyse et de Régulation Numérique (PARM), chargée du suivi des services numériques étrangers, et le Fonds de Souveraineté Numérique (FSN), qui sera chargé de gérer les recettes issues de cette nouvelle taxe.
Le Fonds de Souveraineté Numérique bénéficiera d’une autonomie financière et servira notamment à financer des infrastructures technologiques ainsi que des projets d’innovation numérique.
Le décret par ailleurs des sanctions contre les entreprises qui ne respecteraient pas ces nouvelles obligations. Des amendes, des pénalités financières, la publication des sanctions ou encore une suspension temporaire des services pouvant aller jusqu’à six mois sont envisagées en cas de non-conformité.
À travers cette réforme, les autorités guinéennes affichent leur volonté de mieux contrôler les revenus générés localement par les multinationales du numérique.
Djamila Kambou
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