En portant sur les fonts baptismaux la révolution progressiste populaire, le capitaine Ibrahim Traoré et ses compagnons étaient convaincus qu’il ne saurait y avoir de révolution, et partant de progrès politique, économique et social au Burkina Faso, sans une philosophie politique africaine, une philosophie économique africaine et une philosophie culturelle africaine.
Dans nos États, insérés mécaniquement dans une mondialisation prédatrice, fossilisés culturellement, avec des systèmes politiques et juridiques hybrides, la redéfinition des concepts et des instruments politiques, des schémas de développement et des modèles de pensée s’impose. Cela se traduit progressivement par un ancrage à gauche, avec dans un premier temps la débaptisation de certains ministères régaliens et, avec le dernier Conseil des ministres, la suppression des partis politiques.
Des partis politiques hérités du système colonial et perpétuant, de ce fait, ce système à travers des compétitions dites électorales qui n’ont de démocratiques que le nom et au cours desquelles l’implication des masses populaires n’est ni entière ni assumée. Une base instrumentalisée et grugée, et par conséquent des élites déconnectées, irresponsables et gloutonnes, expérimentant ici des ploutocraties et là des oligarchies civilo-militaires, amenant les penseurs à imaginer le concept de « démoncratures » pour caractériser ces systèmes de gouvernance.
Il faut donc sortir de ce cercle vicieux et mortifère pour révolutionner les modes de gestion et de dévolution du pouvoir, en remettant le peuple au début et à la fin du processus, avec un droit de regard sans concession sur la gestion du bien commun. Le souverain premier redevient le peuple, ce qui oblige les dirigeants à une obligation de résultat, surtout au Burkina Faso où la justice sociale et l’équité sont des vertus cultivées depuis toujours.
Un peuple « intrinsèquement révolutionnaire », comme l’a dit le Président du Faso, avec à son actif deux insurrections populaires et deux révolutions, sans compter les frondes syndicales qui ont fait reculer bien des régimes. Plus le temps passe, plus cette conscience citoyenne s’aiguise, et seule une gouvernance vertueuse peut contenir les velléités insurrectionnelles.
Du pain, de l’eau, des soins de santé et une éducation de qualité : voilà résumée la feuille de route de tout dirigeant conscient et conséquent. Le référentiel de développement 2026-2030 accorde une place privilégiée à ces secteurs, avec entre autres l’offensive agro-sylvo-pastorale et la valorisation du capital humain, qui y occupent une place centrale.
Sans avoir l’air d’y toucher, le MPSR2 poursuit donc la refondation politique, économique et culturelle du pays, avec l’homme comme finalité du développement. Le décollage étant imminent, il ne reste plus qu’à bien serrer les ceintures, selon le mot du Président du Faso, Ibrahim Traoré. La vitesse de croisière, c’est pour très bientôt.
Boubakar SY
En savoir plus sur Nouvelles Afrique
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






