En réservant désormais 10 % du capital des sociétés minières aux nationaux, la République du Congo opère un tournant dans la gestion de ses ressources naturelles. Adoptée le 8 avril 2026, cette mesure phare du nouveau code minier traduit la volonté des autorités de renforcer la participation locale, tout en rééquilibrant le partage des richesses dans un secteur longtemps dominé par les intérêts étrangers.
Le texte, adopté en séance plénière par le Parlement, consacre une réforme majeure du cadre juridique encadrant l’exploitation des ressources minérales. Il s’inscrit dans la continuité des orientations définies en Conseil des ministres en novembre 2025, avec pour objectif de moderniser la gouvernance du secteur et d’améliorer sa contribution à l’économie nationale.
Parmi les principales innovations figurent la mise en place d’un cadastre minier modernisé, destiné à assainir la gestion des titres, ainsi que l’introduction de fonds séquestres pour soutenir le développement des projets. Ces dispositifs visent à sécuriser les investissements tout en garantissant des retombées économiques plus importantes pour l’État.
Pour Lekoundzou Tsatsa, secrétaire de la Commission Économie et Finances à l’Assemblée nationale, cette réforme répond à la nécessité de corriger les limites de l’ancien dispositif, jugé trop favorable aux opérateurs, notamment en matière fiscale et douanière. Elle Permet ainsi d’adapter le secteur aux évolutions observées à l’échelle nationale et internationale.
Dans un contexte où les industries extractives occupent une place prépondérante dans l’économie, les autorités entendent, à travers cette réforme, attirer de nouveaux investissements tout en assurant une redistribution plus équitable des revenus et un développement durable du secteur. Cette démarche s’aligne également sur les exigences de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale en matière de transparence et de gouvernance.
Yolande Bazié
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