Les voitures électriques ne servent plus seulement à se déplacer. En Chine, elles sont appelées à jouer un nouveau rôle dans l’approvisionnement en électricité. Pékin développe un système permettant aux batteries de ces véhicules de contribuer à l’équilibre du réseau, notamment lorsque la demande atteint son niveau le plus élevé.
Le principe repose sur la recharge intelligente et la technologie dite « véhicule-réseau » (V2G). Grâce à des bornes bidirectionnelles, les voitures compatibles peuvent non seulement recevoir de l’électricité, mais aussi en restituer une partie au réseau lorsqu’il en a le plus besoin. Lors des périodes de forte consommation, l’énergie stockée dans les batteries peut ainsi contribuer à soulager les installations électriques.
Cette solution répond à un défi majeur pour la Chine, où l’essor des véhicules électriques s’accompagne d’une demande croissante en électricité. Elle offre également un moyen de mieux gérer les variations de production des énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, dont la disponibilité dépend des conditions météorologiques.
Le dispositif présente toutefois des limites. Toutes les voitures ne sont pas compatibles avec la recharge bidirectionnelle et les équipements nécessaires coûtent plus cher que les bornes classiques. La rentabilité du système et les effets des cycles supplémentaires sur la durée de vie des batteries restent également des enjeux à résoudre.
La Chine cherche ainsi à faire de son vaste parc automobile électrique une ressource énergétique complémentaire. Si les expérimentations tiennent leurs promesses, les véhicules stationnés pourraient contribuer davantage à la stabilité du réseau, au lieu de rester de simples consommateurs d’électricité.
Yolande Bazié
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