Des cartes SIM burkinabè, enregistrées sous de fausses identités, étaient revendues puis acheminées vers le Bénin pour servir notamment à des escroqueries. La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) a mis fin à ce procédé en interpellant cinq personnes, dont un vendeur de cartes SIM et de téléphones.
Au cœur du dispositif, P.A., 23 ans, exerçait son activité devant les locaux d’un opérateur de téléphonie. Il recevait des pièces d’identité par WhatsApp, les utilisait pour enregistrer des cartes SIM et créait des comptes Mobile Money associés aux numéros.
Les cartes étaient ensuite vendues entre 2 000 et 2 500 francs CFA l’unité. Depuis le Bénin, un ressortissant béninois présenté comme le principal commanditaire passait les commandes et orientait d’autres compatriotes vers P.A. pour s’en procurer.
Le dispositif ne s’arrêtait pas à la vente. H.R., D.A., A.E. et H.J., tous de nationalité béninoise, intervenaient dans l’acheminement des cartes vers leur pays. H.R. a été interpellée avec un colis contenant une dizaine de cartes SIM burkinabè déjà identifiées.
Les investigations de la Division des enquêtes de la BCLCC ont permis d’établir qu’une vingtaine de cartes avaient déjà été mises en circulation par P.A. La plupart étaient, selon les enquêteurs, destinées à des activités d’escroquerie.
Les cinq suspects ont été auditionnés puis déférés devant le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga I.
La BCLCC rappelle que l’enregistrement fictif d’une carte SIM est interdit et appelle les usagers à la vigilance. Elle déconseille notamment l’achat de cartes déjà enregistrées au nom d’une autre personne, dont l’utilisation peut exposer à des poursuites.
Yolande Bazié
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