Alors que l’on se doutait que le mouvement d’humeur observé récemment au sein des forces de défense béninoises était sous-tendu par le désir des insurgés de rétablir une véritable démocratie au Bénin face aux velléités autocratiques du président Patrice Talon, l’arrestation ce jour 12 décembre d’une des figures politiques respectée du pays vient confirmer cette réalité crue. En effet,Candide Azzannaï au passé d’opposant connu de tous et ancien ministre de la défense, a été « alpagué » par les sbires du régime Talon, alors même qu’il avait condamné de vive voix le mouvement d’humeur du 7 décembre dernier.. Son seul « crime » c’est d’avoir déclaré dans la foulée qu’il désapprouvait « les manœuvres sordides d’instrumentalisation des évènements criminels du 7 décembre 2025 à des fins de confiscation du pouvoir,aux moyens de manipulations et d’intimidation des contradictions des voix dissonnantes et des opinions politiques critiques divergentes. »
Dit autrement il en appelait au respect strict des règles du jeu démocratique au Bénin.
Las, face au satrape de Cotonou qui avait déjà entamé son œuvre de destruction massive contre cette démocratie, à la lumière des dernières réformes constitutionnelles et institutionnelles avec un Sénat où Talon devait siéger à vie et contrôler ainsi la vie politique,il avait peu de chance d’être entendu. Son arrestation ce jour, s’inscrit dans l’ordre normal des choses dans un pays qui a choisi de tourner le dos à un héritage démocratique solide et à sa glorieuse histoire révolutionnaire qui l’avait connu à travers le monde sous l’égide de Matthieu Kerekou.
Talon se pose donc comme un accident de l’histoire sociopolitique du Bénin lui qui a vendu le pays sans frais ni protêt à ces parrains occidentaux. Mais, pour qui connait bien le Bénin cela s’apparente à une fuite en avant sans lendemain, d’autant que le malaise social et politique est prégnant dans le pays. Talon peut se croire à l’abri du parapluie nucléaire de ses maîtres, mais il ne fait que retarder l’échéance d’autant que les béninois ont très mal vécu dans leur chair la récente intervention militaire étrangère pour le maintenir au pouvoir.
Cotonou pleure ses morts ,et, après le temps du deuil ,viendra certainement celui de la résistance et de la lutte fruits de cette oppression.
Nayouma Yé
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