Après plus d’un siècle d’absence, des fragments précieux de l’histoire zimbabwéenne retrouvent enfin leur terre d’origine. Mardi, l’Afrique du Sud a remis au Zimbabwe des restes humains ancestraux ainsi qu’une sculpture en pierre d’une portée symbolique majeure, emportés durant la période coloniale.
La cérémonie, organisée dans un musée du Cap, s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de gravité. Huit cercueils recouverts du drapeau zimbabwéen y ont été exposés, rappelant une histoire longtemps ignorée. Ces restes, dont l’origine reste en grande partie inconnue, avaient été exhumés pour servir de prétendus « spécimens scientifiques ». Parmi eux figurerait un chef traditionnel dont certaines parties du corps avaient été prélevées au début du XXe siècle.
Au cœur de cette restitution figure également une œuvre emblématique : la sculpture en stéatite représentant
Oiseau du Zimbabwe. Véritable symbole d’identité, cet oiseau incarne l’histoire et la spiritualité du pays. Arrachée à la fin du XIXe siècle du site de Grand Zimbabwe, cette pièce avait été acquise par le colon britannique Cecil John Rhodes, avant d’être conservée pendant des décennies en Afrique du Sud.
Pour les autorités zimbabwéennes, ce retour dépasse le cadre d’un simple geste diplomatique. Il s’agit d’un acte de justice et de mémoire. Le représentant du gouvernement, Paul Damasane, a indiqué que ces restes seront réinhumés dignement, conformément aux traditions, afin de restaurer le lien entre les ancêtres et leurs descendants.
Ce rapatriement s’inscrit dans une dynamique plus large de restitution du patrimoine africain dispersé à travers le monde durant la colonisation. Il marque une avancée significative dans la reconnaissance des injustices du passé et dans la volonté des nations africaines de se réapproprier leur héritage culturel.
Yolande Bazié
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