Le Venezuela a officiellement notifié aux Nations unies sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), dénonçant une institution qu’il accuse de cibler les pays du Sud, notamment ceux d’Afrique et d’Amérique latine.
L’annonce a été faite vendredi par le ministre des Affaires étrangères, Felix Plasencia. Selon lui, cette décision est « irrévocable » et traduit le rejet d’une institution que Caracas accuse d’être guidée par des considérations politiques plutôt que par le droit.
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a également estimé que la CPI avait été utilisée comme un instrument visant le Venezuela. Elle a affirmé que le gouvernement ne reconnaissait plus la crédibilité de cette juridiction internationale.
Le retrait du pays intervient alors que la CPI mène depuis plusieurs années une enquête sur de présumés crimes contre l’humanité commis au Venezuela. En 2020, la Cour avait estimé qu’il existait des motifs raisonnables de croire que des responsables civils, des membres des forces armées et des groupes progouvernementaux avaient commis de tels crimes depuis au moins 2017. Une enquête formelle avait ensuite été ouverte en 2021 par le procureur Karim Khan, une procédure que Caracas a toujours contestée.
Cette décision était attendue depuis que l’Assemblée nationale vénézuélienne avait voté, en décembre dernier, l’abrogation de la loi ayant ratifié le Statut de Rome, ouvrant ainsi la voie à une sortie de la CPI.
Par ailleurs, cette annonce intervient le même jour que le vote des États parties à la CPI en faveur de la révocation du procureur Karim Khan, visé par des accusations d’inconduite sexuelle qu’il conteste.
Djamila Kambou
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