Le Sénégal vient de franchir une étape politique importante avec l’adoption de modifications du code électoral qui pourraient permettre au Premier ministre Ousmane Sonko de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2029.
Sur le fond, les modifications apportées au code électoral portent principalement sur les conditions d’éligibilité liées aux condamnations judiciaires et à la jouissance des droits civiques. Le texte introduit des ajustements qui pourraient permettre à certaines personnalités politiques, précédemment écartées du jeu électoral, de retrouver leur capacité à se présenter après une réhabilitation ou une évolution de leur situation judiciaire. Il prévoit également des changements concernant les modalités d’inscription sur les listes électorales, facilitant la réintégration de candidats radiés.
L’Assemblée nationale a approuvé à une large majorité ce projet de loi introduit selon une procédure d’urgence. Le texte a été adopté avec 128 voix pour, 11 contre et deux abstentions dans un hémicycle dominé par le Pastef, la formation politique au pouvoir. L’opposition a dénoncé la rapidité du processus, sans toutefois empêcher l’adoption de la réforme.
Lors de l’élection de 2024, Ousmane Sonko avait été écarté de la course à la suite d’une condamnation judiciaire. C’est alors Bassirou Diomaye Faye, issu du même camp politique, qui s’était présenté et avait remporté le scrutin.
Depuis leur arrivée au pouvoir, les deux dirigeants occupent respectivement les fonctions de président et de Premier ministre. Malgré quelques divergences d’opinion relevées en coulisses, ils s’efforcent de maintenir une image de cohésion à la tête de l’État.
Si elle est promulguée, cette réforme pourrait rebattre les cartes de la prochaine présidentielle en replaçant Ousmane Sonko au centre du jeu politique, dans un paysage où les équilibres restent en constante évolution.
Yolande Bazié
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