Le bras de fer social se poursuit au Sénégal. Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) maintient sa grève générale de 72 heures, du 21 au 23 octobre 2026, malgré les appels du gouvernement à suspendre le mouvement. Au cœur de la confrontation, les retards dans l’application des accords sociaux et les revendications des travailleurs sur leur pouvoir d’achat et leurs conditions de travail.
Regroupant 13 organisations syndicales, le front réclame notamment une baisse des prix des produits de première nécessité, de l’eau et de l’électricité, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans ainsi que la réintégration de travailleurs licenciés. Les syndicats dénoncent également les lenteurs dans la concrétisation des engagements pris par l’État.
Dès la première journée, le mouvement a affecté plusieurs services. À l’hôpital de Ourossogui, dans le nord du pays, les consultations, les hospitalisations et les interventions programmées ont été suspendues, tandis que les urgences continuaient d’être prises en charge. Le FSDT affirme, de son côté, que la mobilisation a atteint 90 % à l’échelle nationale, un bilan qui reste à distinguer d’une évaluation indépendante.
Face à cette pression, le gouvernement conteste la régularité juridique du mot d’ordre. Le ministère chargé du Travail estime que le préavis déposé ne respecte pas les procédures requises pour couvrir l’ensemble des secteurs concernés. Il prévient que les agents grévistes s’exposent à des retenues sur salaire et à des sanctions disciplinaires.
À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, prévue le 31 octobre, cette épreuve de force place le dialogue social sous pression. L’issue du mouvement dépendra notamment de la capacité des deux parties à dépasser les mises en garde et à trouver un terrain d’entente sur les revendications en suspens.
Yolande Bazié
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