Le Niger acte une rupture historique avec le groupe français Orano. Lundi, les autorités nigériennes ont annoncé la création de la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA), une nouvelle société d’État appelée à reprendre les rênes de l’exploitation de l’uranium nigérien.
Avec la naissance de TSUMCO, la SOMAÏR s’efface du paysage. Cette filiale historique d’Orano, récemment nationalisée par Niamey, cède la place à une structure entièrement contrôlée par l’État nigérien.
« Teloua », un nom hautement symbolique
Le nom choisi pour la nouvelle société n’a rien d’anodin. « Teloua » renvoie à la nappe aquifère souterraine située sous les anciennes installations de la COMINAK, exploitées par Orano et son prédécesseur Areva entre 1978 et 2021.
Selon les autorités nigériennes, cette exploitation a laissé de lourdes séquelles sur les sols, les ressources en eau, la biodiversité et les écosystèmes sahariens autour d’Arlit.
D’après les conclusions du Conseil des ministres, cette dénomination a été choisie « par devoir de mémoire pour les générations présentes et futures et par engagement résolu à poursuivre en justice les auteurs de cette entreprise criminelle ».
Le Niger annule la concession minière d’Arlit
Dans la même dynamique, Niamey a également annoncé l’annulation de la concession minière d’Arlit, accordée en 1968 au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) français.
Selon le gouvernement, Orano Mining ne s’est pas acquittée des redevances liées à l’occupation de terrains miniers non exploités, malgré un avis de paiement adressé en avril 2025 puis une mise en demeure en septembre de la même année.
Estimant que le délai légal de six mois a expiré sans régularisation, le Conseil des ministres considère que l’État du Niger est désormais fondé à reprendre ces terrains, tout en rappelant qu’Orano demeure tenu de respecter l’ensemble de ses obligations fiscales et environnementales.
Cheick Omar Ouedraogo
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