Le Maroc veut adapter l’intelligence artificielle à sa diversité linguistique. Rabat prévoit de développer des outils capables de comprendre et de traiter la darija et l’amazigh, avec pour objectif de rendre les services publics numériques plus accessibles aux citoyens.
Cette ambition s’inscrit dans le cadre d’un rapprochement technologique avec l’Inde.
Le 24 août 2026 à Rabat, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a échangé avec le ministre d’État indien chargé notamment des Technologies de l’information, Jitin Prasada.
À l’issue des discussions, les deux pays ont convenu de créer une commission mixte consacrée aux langues et aux technologies numériques. Celle-ci devra notamment travailler sur des modèles d’IA capables de prendre en compte les spécificités linguistiques marocaines.
L’un des objectifs affichés est d’intégrer davantage la darija et l’amazigh aux plateformes numériques de l’administration, notamment Idarati. Rabat souhaite ainsi développer des modèles de langage pouvant être déployés dans les services publics afin de faciliter les échanges entre les citoyens et l’administration.
Pour les autorités marocaines, cette démarche ne relève pas uniquement de la performance technologique. Elle vise également à réduire les barrières linguistiques et à rendre la transformation numérique plus inclusive.
Pour concrétiser cette ambition, le Maroc entend s’inspirer de l’expérience de l’Inde, elle aussi confrontée à une importante diversité linguistique.
New Delhi dispose notamment de BHASHINI, une plateforme publique consacrée aux technologies linguistiques et à l’intelligence artificielle multilingue. Selon les autorités indiennes, elle prend en charge 36 langues pour le texte et 23 pour la voix, et est intégrée à plus de 800 sites gouvernementaux.
Cette expérience intéresse particulièrement Rabat, qui souhaite s’en inspirer pour accélérer le développement de solutions d’IA adaptées à son propre environnement linguistique.
Au-delà des technologies linguistiques, Rabat et New Delhi ont également abordé plusieurs secteurs stratégiques, notamment les infrastructures numériques publiques, l’identité numérique, les paiements électroniques, la gouvernance des données et la formation des compétences.
À travers ce partenariat, le Maroc entend ainsi accélérer sa transformation numérique tout en développant une IA davantage adaptée aux réalités de sa population et à ses spécificités linguistiques.
Djamila Kambou
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