Il y a deux ans, seuls quatre pays avaient réussi à construire et à faire voler un avion de chasse de cinquième génération : les États-Unis, la Russie, la Chine et la Corée du Sud. Mais en 2024, la Turquie a rejoint ce cercle très fermé, devenant le cinquième pays au monde à franchir ce cap technologique.
Deux ans après son vol inaugural, le chasseur turc entre désormais dans une véritable phase industrielle. Avec l’Indonésie comme premier client à l’export (et probablement bientôt l’Espagne), le programme prend une nouvelle dimension et confirme les ambitions d’Ankara de s’imposer parmi les grandes puissances de l’aéronautique militaire.
Présenté comme un futur concurrent du F-35 américain et du Rafale français, le KAAN devrait entrer en service avant la fin de la décennie, avec de premières livraisons attendues à partir de 2030. Mais derrière cet appareil furtif de cinquième génération se joue un enjeu qui dépasse la seule performance militaire.
Le KAAN incarne l’ambition d’une Turquie résolue à bâtir une industrie de défense autonome et à réduire sa dépendance vis-à-vis des puissances étrangères. Cette quête de souveraineté trouve son origine dans une crise diplomatique.
Exclue du programme F-35 par les États-Unis après l’acquisition des systèmes russes S-400, la Turquie s’est retrouvée privée de l’avion qu’elle comptait intégrer à son armée de l’air.
Le refus américain de lui livrer les appareils a transformé une contrainte en opportunité. Ankara a alors accéléré le développement de son propre chasseur, faisant du KAAN le symbole d’une volonté d’émancipation technologique.
Cheick Omar Ouedraogo
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