À plus de 5 000 kilomètres de Ouagadougou, certaines rédactions, notamment RFI et Le Figaro, imposent leur propre lecture des évènements, au mépris des exigences fondamentales du journalisme.
Depuis leurs salons feutrés, loin du terrain et sans prendre la peine de recueillir la parole de ceux qui vivent directement les événements, ces médias (s’ils peuvent encore être considérés comme tels) ont affirmé que des journalistes ont été contraints de participer à une immersion Patriotique obligatoire.
Une version des faits que Nouvelles Afrique confronte à la réalité du terrain et déconstruit dans ce reportage.
Nouvelles Afrique : une participation librement assumée
La rédaction de Nouvelles Afrique a été officiellement invitée à désigner un représentant, si elle souhaitait prendre part à cette activité organisée conjointement par le ministère de la Sécurité et celui de la Communication.
Soucieuse de donner la parole à son journaliste avant toute décision, la rédaction a sollicité l’avis d’Amadou Diallo. Avec enthousiasme, celui-ci a accepté l’invitation et confirmé sa participation, de son plein gré.
Un élément qui suffit à écarter toute idée de participation obligatoire, aussi bien dans le choix des médias que dans celui des journalistes. Cette réalité contraste nettement avec le récit des médias français, qui laissent entendre que les journalistes ont été contraints.
Sortir de la rédaction pour regarder autrement la Nation
Dans un pays confronté à la menace terroriste, le traitement de l’information sécuritaire impose rigueur, responsabilité et discernement. Informer sans exposer, analyser sans démoraliser les troupes, exige une compréhension minimale des réalités et des contraintes du terrain militaire.
C’est tout l’enjeu de cette immersion, destinée à familiariser les journalistes avec les principes et les exigences du cadre militaire. De retour du terrain, notre journaliste Amadou Diallo livre une lecture qui dépasse le simple exercice professionnel.
« Derrière l’uniforme, nous avons découvert des hommes et des femmes soumis à des exigences particulières, confrontés à des contraintes que le citoyen ordinaire ne perçoit pas toujours. Elle nous rappelle également que la sécurité d’un pays ne repose pas uniquement sur ceux qui portent l’uniforme. Elle est une responsabilité collective », explique-t-il.
Les journalistes saluent une expérience grandeur nature
Cette immersion ne se limite pas à une découverte du monde militaire. Elle a permis au journaliste d’acquérir des réflexes concrets et utiles : savoir se mettre à l’abri, adopter les bons comportements face à une menace, se familiariser avec les détonations et l’environnement des armes.
Des acquis pratiques qui peuvent contribuer directement à sa sécurité lorsqu’il est appelé à travailler sur des terrains difficiles.
« Organiser une telle immersion, c’est aussi reconnaître que les professionnels des médias ont un rôle important à jouer dans la vie de la Nation et qu’une meilleure compréhension mutuelle entre les médias et les institutions chargées de la sécurité peut être utile à tous », renchérit Amadou Diallo.
À peine de retour dans leurs rédactions, les journalistes immergés ont partagé leur expérience sur les réseaux sociaux. Ils saluent l’initiative et remercient les autorités.
Ils plaident pour sa pérennisation et son extension à d’autres secteurs. Une démarche qui, selon eux, pourrait renforcer le patriotisme des Burkinabè dans ce contexte de guerre et de révolution.
Cheick Omar Ouedraogo
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