À l’approche du lancement de l’éco, la future monnaie unique de la CEDEAO, la Guinée choisit de maintenir le cap sur le franc guinéen. Un choix assumé par les autorités, qui privilégient la préservation de leur souveraineté monétaire avant toute adhésion au projet régional.
Pour Conakry, le franc guinéen demeure un outil stratégique de pilotage de l’économie nationale. Les autorités estiment qu’une éventuelle intégration à l’éco doit reposer sur des garanties solides, notamment en ce qui concerne le régime de change, la gouvernance de la future monnaie et les mécanismes de stabilité économique.
Cette prudence s’appuie également sur la structure des échanges commerciaux du pays. La Guinée réalise l’essentiel de son commerce avec des partenaires situés hors de l’espace CEDEAO, en particulier en Asie. Dans ce contexte, les autorités souhaitent s’assurer que l’adoption de l’éco servira réellement les intérêts économiques nationaux.
Loin d’un rejet de l’intégration régionale, la position guinéenne traduit une volonté de concilier coopération et défense des intérêts stratégiques du pays. Les prochaines rencontres de la CEDEAO, prévues avant le lancement de l’éco, devraient permettre de poursuivre les discussions et d’apporter des réponses aux préoccupations exprimées par Conakry.
Yolande Bazié
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