À Tunis, la chaleur n’est plus le seul motif d’exaspération. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi 20 août pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité, la hausse du coût de la vie et le recul des libertés. Des slogans ont directement visé le président Kaïs Saïed, certains manifestants réclamant son départ.
Le rassemblement, initié par le collectif Nafas, a réuni des militants de l’opposition, des citoyens et de jeunes participants. Les revendications ont porté à la fois sur les difficultés du quotidien et sur la situation politique du pays.
La Tunisie traverse un été marqué par des températures extrêmes, avec jusqu’à 50 degrés relevés dans certaines régions. Face à une consommation électrique record, la compagnie publique a recours à des délestages pour éviter une surcharge du réseau.
Ces coupures perturbent également l’accès à l’eau potable, les stations de pompage dépendant de l’électricité. Dans plusieurs quartiers, des habitants ont dû patienter pour s’approvisionner en eau, tandis que les bouteilles se faisaient rares en raison des difficultés rencontrées par certaines usines.
Au-delà de l’eau et de l’électricité, les manifestants dénoncent également la hausse des prix, les pénuries de médicaments et la baisse du pouvoir d’achat. Certains réclament aussi la libération de détenus politiques et davantage de libertés pour les médias et la société civile.
Depuis 2021, Kaïs Saïed concentre une large partie des pouvoirs après avoir suspendu le Parlement et limogé le gouvernement. Ses adversaires dénoncent une dérive autoritaire, tandis que le président affirme vouloir lutter contre la corruption et préserver la souveraineté du pays.
La multiplication des mouvements sociaux, notamment dans les régions confrontées aux pénuries d’eau et aux coupures d’électricité, traduit une montée des frustrations. Pour les autorités tunisiennes, l’enjeu est désormais de rétablir durablement les services essentiels tout en répondant à une contestation politique qui gagne en visibilité.
Yolande Bazié
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