Le Burkina Faso veut franchir un nouveau cap dans la gouvernance et la qualité de son système éducatif. À l’ouverture officielle de l’année scolaire et académique 2026-2027, le gouvernement a annoncé plusieurs réformes, allant de l’implication des communautés à l’innovation pédagogique, en passant par l’introduction des langues nationales et la décolonisation des savoirs.
C’est au lycée mixte de Gounghin, à Ouagadougou, que le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, a présenté jeudi les principales orientations de cette nouvelle année scolaire. La cérémonie était placée sous le thème : « Gouvernance scolaire et universitaire, engagement communautaire et innovation pédagogique, leviers pour une éducation de qualité pour tous ».
Pour le ministre, l’amélioration de l’école passe d’abord par une gouvernance plus transparente et plus équitable. Il a annoncé le renforcement du fonctionnement des établissements, avec notamment une plus grande implication des communautés et la mise en place effective des conseils d’école.
L’innovation pédagogique figure également parmi les priorités. Le gouvernement entend aller au-delà de la simple dotation en équipements numériques pour encourager une pédagogie qui développe davantage la réflexion, la créativité, l’activité et la capacité des apprenants à résoudre des problèmes.
Autre chantier annoncé : l’adaptation de l’école aux réalités nationales. Le ministre a évoqué l’introduction progressive des langues nationales dans les enseignements du primaire et du secondaire, la décolonisation des savoirs, la mise en place d’une carte universitaire ainsi que la création d’un répertoire des métiers.
La formation technique et professionnelle devrait, elle aussi, occuper une place importante dans cette nouvelle dynamique, avec l’objectif de mieux rapprocher la formation des besoins de la société et du monde professionnel.
La question des frais de scolarité a également été abordée. Le ministre a indiqué que le gouvernement travaille à leur réglementation afin de préserver l’accès des enfants à l’éducation. Selon les chiffres communiqués lors de la cérémonie, environ 70 % des établissements n’auraient pas augmenté leurs frais ou les auraient revus à la baisse, tandis que près de 29 % des établissements du secondaire les auraient augmentés.
Mais pour les autorités, la réussite de ces réformes ne repose pas uniquement sur l’État et les enseignants. Le président de l’Assemblée législative du Peuple, Ousmane Bougma, a appelé les parents, les leaders locaux et l’ensemble des communautés à prendre une part plus active dans l’éducation des enfants.
« L’État fait sa part, les enseignants font la leur, mais cela ne suffit pas pour la formation d’un enfant », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une responsabilité collective.
De son côté, la représentante des apprenants, Fatou Sara Guigma, a salué les efforts consentis pour assurer la continuité de l’apprentissage et appelé les élèves et étudiants à rester concentrés sur leurs objectifs, dans la discipline et le sens des responsabilités.
À travers ces différentes annonces, l’année scolaire 2026-2027 s’ouvre donc sous le signe d’une transformation annoncée de l’école burkinabè, avec une volonté affichée de revoir à la fois sa gouvernance, ses méthodes d’enseignement et le contenu des savoirs transmis.
Djamila Kambou
En savoir plus sur Nouvelles Afrique
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






