En ce mois de célébration de la femme basée sur des projets structurants visant à autonomiser l’autre moitié du ciel dans tous les domaines, le procès Yé Yaké Camille et autres vient nous rappeler l’état de putréfaction morale et la déliquescence des mœurs administratives dans laquelle était plongée l’administration publique burkinabè dans un proche passé.
Entre boulimie des agents subalternes, irresponsabilité et fatuité des cadres supérieurs et des dirigeants, c’était la « fête à Doumbelane », dans un ministère chargé, suprême injure, d’apporter secours et assistance aux veuves, orphelins et personnes démunies en temps de guerre.
Une ignominie mafieuse que l’on peut qualifier sans exagérer de crimes de guerre, condamnée par la morale sociale et qui n’était que la traduction de la pourriture institutionnelle qui gangrenait l’administration et au-delà tout le corps social qui disparaissait progressivement sous les coups de butoir des hordes terroristes.
La dégradation des structures ainsi que leur dysfonctionnement profond, la corruption généralisée et les dérives éthiques empêchaient tout mouvement porteur au bénéfice des populations en détresse, condamnées « à manger des feuilles » selon le capitaine Ibrahim Traoré dans sa première adresse aux forces vives de la Nation.
Lequel capitaine Ibrahim Traoré qui avait flairé d’où venait le danger, avait également réservé sa première sortie au ministère des serviteurs du peuple où il avait dénoncé ces goulots d’étranglement et ces lourdeurs administratives.
Qu’il se trouve de nos jours des burkinabè qui ont ne serait-ce qu’un grain de sympathie à l’endroit de ces criminels de guerre au prétexte que certains d’entre eux ont fait « preuve de bonne foi »(sic) devant le tribunal, traduit l’étendue du travail qui reste à faire pour ancrer véritablement la révolution progressiste populaire dans l’esprit des masses.
Au-delà donc du rapport sur les dysfonctionnements constatés au sein de l’administration publique qui tombe comme marée en carême et qui appelle à une administration performante orientée vers le service du peuple, l’heure est venue de faire progresser la révolution progressiste populaire non seulement en théorie mais aussi en pratique.
Il nous faut un gouvernement révolutionnaire, ancré idéologiquement avec pour mot d’ordre une République démocratique basée sur le centralisme démocratique.
Une digression pour dire que les wangnignan dont certains pseudo intellectuels décérébrés dénoncent les « dérives » et l’inculture, sont plus en avance que ces réactionnaires encagoulés.
À preuve ils viennent d’interpeller les organes de communication gouvernementaux sur les incohérences verbales qu’ils continuent d’entretenir en cette période révolutionnaire.
Ils ont raison,car pour faire progresser la révolution il faut exclure les inconséquences de la démocratie bourgeoise corruptrice de l’âme du peuple.
Une assemblée constituante des représentants du peuple (déjà en gestation avec les Assemblées locales) apparaît nécessaire pour hâter ce bon qualitatif.
L’impérialisme et ses valets locaux ne sommeillent que d’un œil et toute négligence ou complaisance vis-à-vis d’eux se paiera cash.
La révolution n’est pas un dîner de gala comme chacun le sait et pour en revenir au mois de la femme il faut convenir que les initiatives engagées sont salutaires et s’inscrivent dans nos valeurs ontologiques qui ont toujours placé la femme au centre de nos sociétés.
Faut-il le rappeler, celles-ci ont toujours été matriarcales en Afrique, et, ont été dénaturées au contact de la société patriarcale occidentale .
Depuis l’Égypte antique des reines ont dirigé la première puissance de l’humanité, pendant que dans les steppes eurasiennes, la femme était reléguée au rang de reproductrice et rien que. C’est sous ce prisme historique que nous devons mener le combat pour le droit des femmes en ces temps modernes, en sachant qu’elle a toujours été le point d’équilibre et le dernier recours chez nous.
Les actions sont salvatrices , mais le discours reste à parfaire pour ressortir cette dimension qui a permis au continent de tenir debout malgré les vicissitudes de l’histoire.
Qui a dit que le cœur d’une femme est un océan de tendresse ?
Bonne fête camarades !
Boubakar SY
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