La remise de soixante-quatre camions au ministère en charge de l’action humanitaire a certes été largement relayée par les médias, mais son importance stratégique dépasse encore, sans doute, l’écho qui lui a été accordé. Ce geste, au-delà de sa dimension matérielle, constitue un signal fort en direction de la reconstruction du vivre-ensemble, du raffermissement de la cohésion sociale et de la restauration progressive de la concorde civile dans un contexte post-conflit toujours sensible.
Il apparaît de plus en plus clairement que la dynamique enclenchée par les autorités, en synergie avec les forces vives de la Nation et sous le leadership du Capitaine Ibrahim Traoré, ne se limite pas à la seule reconquête territoriale. Elle vise également la consolidation des fondements sociaux et économiques indispensables à l’édification d’un État souverain, digne et prospère.
Cette perspective suppose nécessairement un combat résolu contre l’extrême pauvreté, le chômage et la précarité, phénomènes aggravés par des années d’instabilité. Car il est établi, au regard des travaux en sciences sociales et en économie du développement, que ces facteurs fragilisent les droits fondamentaux, sapent la dignité humaine et constituent des menaces directes pour la stabilité politique et sociale.
Dans cette optique, l’action humanitaire est appelée à occuper une place centrale dans les politiques publiques. La dotation logistique récemment opérée illustre une approche prospective qui dépasse l’urgence pour s’inscrire dans une logique de relèvement durable. Après l’effort soutenu de réarmement militaire, l’heure semble désormais au réarmement moral et social, fondé sur des actes concrets et la promotion de la solidarité, valeur cardinale de la société burkinabè.
Cette orientation traduit une compréhension claire d’un principe largement admis en analyse politique : le développement économique et social conditionne, à terme, la solidité des institutions et la qualité de la gouvernance. En d’autres termes, la transformation de l’infrastructure économique prépare nécessairement celle de la superstructure étatique.
Face aux tentatives de déstabilisation et aux discours nostalgiques d’un ordre ancien dont les limites sont avérées, la révolution progressiste populaire avance de manière méthodique, avec une perception lucide des enjeux présents et futurs. Sous l’œil vigilant du peuple, elle trace sa voie, convaincue que la victoire ne se limite pas au champ militaire, mais se conquiert aussi sur les terrains social, économique et moral.
Boubakar SY
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