En déclarant au détour d’une phrase de son adresse de fin d’année que « le burkinabè est intrinsèquement révolutionnaire » le président du Faso Ibrahim Traoré touchait là, l’essence même d’un peuple patriote , courageux, intègre et viscéralement attaché à la liberté, la justice et l’équité sociale.
Chaque fois que le peuple burkinabè a eu le sentiment d’être grugé par ses dirigeants sur ces principes fondateurs du vivre ensemble,il s’est dressé comme un seul homme pour faire face à la forfaiture et y mettre fin.Des luttes d’indépendance menées avec acharnement sous la houlette de Daniel Ouezzin Coulibaly au refus d’un nième tripatouillage de la constitution par Blaise Compaoré en passant par la première insurrection dans un pays francophone indépendant en 1966 , sans oublier les manifestations historiques de décembre 1975 ,il n’a pas marchandé ses efforts pour rester libre et digne. Ceux qui à un moment où à un autre ont crû que ce pays était leur « natte » qu’ils pouvaient plier à satiété n’ont eu que leurs yeux pour pleurer face au refus de la soumission de ce peuple.
Une insoumission séculaire, marquée par la geste de Naba Wobgo , l’insurrection armée héroïque du Bani Volta et les oppositions diverses qui se sont dressées devant la pénétration coloniale en payant le prix fort, celui du sang . Héritière de cette longue tradition guerre et de refus de l’asservissement,la révolution progressiste populaire veut aller plus au large en detricotant entièrement le vieux pacte colonial qui entrave le progrès économique et social du pays, et l’empêche de donner sa pleine mesure dans le concert des nations. C’est en cela qu’elle est progressiste car visant à mettre à bas l’ordre ancien et ses différents carcans, mais aussi populaire car incarnant ainsi les aspirations profondes du peuple.
Il s’agit donc de s’appuyer sur le substrat culturel du peuple pour atteindre un nouveau type d’État qui va bouleverser durablement et positivement ses conditions de vie. Un Etat développeur, volontariste et vertueux qui va redonner foi et espérance à tous et à chacun en faisant la part belle à nos valeurs ontologiques.
Quand on ne sait pas qui on est,on ne peut pas savoir où l’on va et comment y aller. C’est dialectique.
Nayouma Yé
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