En décidant de prendre en compte dans la charte de la transition les valeurs et principes de la révolution progressiste populaire proclamée le 1er avril dernier, le conseil des ministres du jeudi dernier ouvre ainsi la voie à une restructuration sociale et politique de l’État burkinabè en rompant avec « les modèles politiques impérialistes et néocoloniaux. »
Il va s’agir de fonder l’État socialiste burkinabè dans de nouvelles conditions historiques, à l’époque de l’impérialisme et des révolutions populaires et opérer la mutation qualitative porteuse de progrès et de bien-être pour tous.
Et , contrairement aux thèses petite bourgeoises et réformatrices qui « circulent » depuis la suppression des partis politiques, il faut aller plus au large en mettant au point la théorie cohérente du parti d’avant garde de type nouveau, de son rôle dirigeant , de ses principes d’organisation, politiques et idéologiques et de sa stratégie tactique et politique.
Sans la direction de ce parti avant-gardiste, armé de la théorie révolutionnaire, le peuple burkinabè ne pourra pas remplir sa mission historique de bâtisseur de la société nouvelle à laquelle nous aspirons .
La fin brutale de la révolution d’août 83, nonobstant ses nombreux succès, s’explique aussi par cette faiblesse structurelle qui l’a caractérisé tout le long de son existence.
Tiraillée entre divers courants de pensées et adeptes du » modèle » chinois, russe voire albanais, elle s’est épuisée dans des querelles internes stériles pour finir par imploser avec la « bénédiction » de l’impérialisme et ses valets locaux.
Il faut donc dès à présent, couper l’herbe sous les pieds des révisionnistes et des opportunistes qui prônent la réforme là où il est question de refondation.
L’ordre et la discipline que le président du Faso Ibrahim Traoré appelle de tous ses vœux, commandent cette rupture radicale sans anesthésie, car, toute complaisance sera fatale au processus.
Unité et discipline, pureté idéologique du parti et lien indissoluble de celui-ci avec les masses pour l’application des mots d’ordre de la révolution dont le premier est la direction collective loin des thèses populistes anti scientifiques et pseudo-révolutionnaires.
On a vu déjà que certains d’entre eux agitent le mot d’ordre de « liberté de la critique » qui n’est rien d’autre que la volonté de perpétuer l’ordre ancien et l’idéologie bourgeoise et libérale.
La lutte des classes ne peut se faire de ce contexte de contradiction,et, la conscience socialiste doit s’imposer coûte que coûte au sein des masses populaires.
Il est indispensable d’aller plus loin et de définir en toute indépendance un Etat autonome sur tous les plans. Cela suppose disons nous, une discipline de fer et une volonté commune de la base au sommet.
État colonial arriéré, soumis à la domination du grand capital financier et marchand, avec une administration affairiste et rentière et une paysannerie laissée à l’abandon, le Burkina Faso ne peut s’en sortir que par ce biais. Il faut mettre fin au democratisme qui se décline depuis longtemps avec de forts relents ploutocratiques.
L’émancipation sociale et politique a un coût et, ce chantier de refondation rendu plus ardu avec le surgissement de la problématique terroriste et la résurgence des guerres de prédation commandent une mobilisation populaire autour du capitaine Ibrahim Traoré pour la mener à bien.
Le Burkina Faso est plus que jamais à un tournant décisif de son histoire sociopolitique, et, on peut dire que la victoire est certaine au regard de l’engouement populaire.
Boubakar SY
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