Elji RIM
Le peuple souffre de ses dirigeants. Entre un président légal enfermé dans des silences dont lui seul détient la clé, et un président « élu » se proclamant légitime, multipliant mots d’ordre inconséquents, parfois imprudents et dangereux, c’est tout un pays qui se retrouve pris au piège, ne sachant plus à quel « diable » se vouer.
Depuis la proclamation des résultats de la présidentielle d’octobre 2025, une large partie de la population vit dans la peur et l’angoisse. La désinformation massive alimente une psychose collective, déforme les faits et projette une image de chaos sur les réseaux sociaux. Dans ce climat délétère, un homme semble en tirer profit : Issa Tchiroma Bakary. Arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle, il n’a visiblement pas digéré la défaite et s’est engagé dans une lutte aux chances de succès quasi nulles pour faire reconnaître une victoire qu’il juge volée.
Si la contestation est un droit, la méthode employée interroge. Précarité, colère et exaspération nourrissent un cocktail dangereux dont le président du FSNC semble vouloir se servir pour forcer la main au pouvoir en place. Pendant qu’il se déclare désormais « en lieu sûr », des jeunes, des hommes et des femmes, galvanisés par la ferveur, s’exposent à la rigueur de la loi en posant des actes répréhensibles, nuisibles à l’État autant qu’à eux-mêmes.
Après l’appel aux « marches pacifiques », voici venu celui des « villes mortes ». Un mot d’ordre encore plus suicidaire, quand on sait que la majorité de la population active tire son revenu du jour le jour dans l’économie informelle et ne peut se permettre une inactivité prolongée.
Si Issa Tchiroma Bakary adopte la tactique de la terre brûlée, le mutisme du président déclaré vainqueur interroge aussi. Paul Biya s’est limité à un message de remerciement et d’appel au calme. Depuis, silence total. Cette absence de parole renforce l’image d’un chef d’État affaibli et déconnecté des réalités de son peuple.
Quoi qu’il en soit, c’est bien Paul Biya qui prêtera serment dans quelques jours comme Président de la République du Cameroun. Aucun mot d’ordre ne changera le verdict du Conseil constitutionnel.
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