Alors que nombre de citoyens ne cessaient d’appeler au rétablissement de la peine de mort au regard des graves derives attentatoires à la loi et à la dignité humaine dans ce contexte de guerre contre le terrorisme, voilà que la décision du dernier conseil des ministres allant dans ce sens,a fait sortir certaines personnes du bois pour ergoter contre cette décision constituant un « grave recul »(sic) dans le respect des droits de l’homme tout en soulignant par ailleurs son caractère « antidémocratique »
Une prise de position qui relève d’un juridisme douteux si tant est qu’elle confond allègrement les trois dimensions de la justice, pour atteindre des desseins de politique politicienne. Faut-il le rappeler,la justice dans sa première acception à savoir celle philosophique est un idéal individuel ou collectif que nous devons tous cultiver pour préserver l’harmonie sociale.
La deuxième acception elle entend la justice comme la norme émanant d’une société ou d’un corps d’autorité (la règle de droit) pour sanctionner les comportements déviants.
Enfin, dans sa troisième dimension,la justice est entendue comme une institution caractéristique des sociétés fondées sur la loi , afin de faire concorder les lois non écrites de la conscience et celles écrites de la cité. Il appartient de ce fait au législateur ou au constituant dérivé qu’est l’exécutif avec à sa tête le président du Faso de combiner ces trois dimensions pour que la liberté des uns ne puisse entraver celle des autres afin que l’égalité, l’éthique, l’équité et en définitive la paix sociale ne soit pas un vain mot. Or comme indiqué plus haut, dans notre contexte sécuritaire et politique actuel , certains en sont venus à se donner des « licences de tuer » impunément ou de troubler l’ordre établi si fait qu’il faut trouver la réponse appropriée à ces comportements inqualifiables sauf à faire preuve de faiblesse entraînant ainsi la désaffection des populations souffrant de ces dérives.
La justice apparaît ici comme la vertu principale qui engendre les autres. Elle préserve la santé de la société comme nous l’enseigne la Maat ( divinité du panthéon de l’Égypte antique symbole de la Vérité et de la Justice) .
Cette décision obéit à l’étape actuelle de notre évolution sociopolitique,aux vertus de rectitude, d’ordre et d’équilibre de la société. Et, comme la règle de droit n’est pas immuable, rien n’empêche une évolution en fonction des réalités futures. Et ,les révolutionnaires, dialecticiens de premier ordre le savent mieux que quiconque. Alors, arrêtons ce débat sur le sexe des anges et attelons nous à la résolution de la contradiction principale de l’heure en nous donnant tous les moyens pour ce faire.
Nayouma Yé
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