La présidentielle du 25 octobre 2025 est achevée. Alassane Ouattara a été “réélu” pour un quatrième mandat avec environ 89,8 % des suffrages, selon des résultats provisoires de la CEI largement repris par la presse internationale. La participation a été faible et plusieurs figures d’opposition de premier plan étaient absentes du scrutin, ce qui nourrit un débat national sur l’inclusivité du processus électoral et l’état des libertés publiques.
Des exclusions majeures qui ont cadré l’élection
Le Conseil constitutionnel a invalidé la candidature de Laurent Gbagbo (PPA-CI) et écarté celle de Tidjane Thiam (PDCI). Ces décisions ont reconfiguré la compétition, les autres candidats disposant d’un poids politique moindre.
Une révision de la liste électorale au cœur des critiques
Avant le scrutin, l’opposition dénonçait le calendrier électoral et l’absence de révision effective de la liste, pourtant attendue. Des acteurs politiques ont accusé la CEI de priver des millions d’électeurs potentiels d’une mise à jour, avec un risque de sous-représentation des bastions d’opposition.
Convocations à la Section antiterroriste
Dans ce contexte, plusieurs cadres du PPA-CI ont été convoqués par la Direction de la Section antiterroriste du Tribunal de première instance d’Abidjan. Des noms cités par le parti et ses relais incluent Sébastien Dano Djédjé, Justin Katinan Koné, Michel Gbagbo, Habiba Touré, Assoa Adou, Damana Pickass et d’autres responsables. Les autorités judiciaires communiquent peu sur les motifs précis.
Violences, enlèvements et répression de la contestation
La période pré-électorale et la semaine du vote ont été marquées par des arrestations, des restrictions de rassemblements et des violences signalées par l’opposition et observateurs. À Yopougon, des disparitions et violences ont été documentées début août. Des organisations et médias internationaux font état d’un durcissement sécuritaire, de centaines d’arrestations et d’un encadrement policier inédit des mobilisations.
Des plateformes d’opposition PPA-CI et PDCI affirment que des militants ont subi intimidations, enlèvements et violences dans plusieurs localités, tout en appelant officiellement au calme et à la non-violence. Ces allégations restent en attente de clarifications judiciaires indépendantes.
Ce que disent les institutions et les analyses indépendantes
Des notes d’analyse ont souligné que la combinaison des exclusions de candidatures, du calendrier resserré et de l’environnement sécuritaire a réduit la compétitivité du scrutin. Elles alertent sur le risque d’un cycle de défiance si des garanties d’inclusivité et d’arbitrage impartial ne sont pas renforcées.
Enjeux immédiats
État de droit : éclaircissements attendus sur les convocations à la Section antiterroriste et le sort des personnes interpellées. Contentieux électoral : la publication des résultats définitifs et les éventuels recours seront scrutés, de même que les conditions de préparation des législatives annoncées. Restauration de la confiance : ouverture d’un dialogue crédible sur la révision des listes, la liberté de manifester et la sécurité des opposants et manifestants.
À retenir
L’élection est passée, mais les questions d’inclusion politique, de transparence de la liste électorale et de respect des libertés demeurent centrales. Les exclusions des principaux rivaux, les convocations judiciaires de cadres de l’opposition et les signalements de violences pèsent sur la perception de la régularité du processus. La réponse des autorités, des juridictions et de la CEI dans les prochaines semaines sera déterminante pour la stabilité politique et la légitimité des institutions.
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