À la Ruvubu, la savane part en fumée. Depuis la fin du mois de juillet, les incendies se multiplient dans ce parc national du Burundi. Plus de 10 000 hectares ont déjà été ravagés, soit près de 20 % de sa superficie.
Face aux flammes, les garde-forestiers sont en première ligne. Mais ils doivent protéger un territoire de plus de 50 000 hectares avec seulement une quarantaine d’agents et des équipements limités. Une situation qui complique sérieusement la lutte contre les incendies.
Les causes des départs de feu seraient principalement liées aux activités humaines. Braconniers, chercheurs de bois de chauffe, éleveurs et personnes empruntant les pistes qui traversent le parc sont notamment soupçonnés.
Au-delà de la végétation, c’est toute la faune qui est menacée. Privés de leurs habitats, les animaux peuvent être contraints de quitter le parc et de se rapprocher des zones habitées. Le risque de conflits avec les populations riveraines s’en trouve renforcé.
Créé en 1980, le parc national de la Ruvubu abrite une riche biodiversité, avec 44 espèces de mammifères et 425 espèces d’oiseaux. Il est aussi reconnu comme site Ramsar depuis 2013, en raison de son importance écologique.
Alors que les incendies continuent de gagner du terrain, la question des moyens de surveillance et de prévention devient urgente. Sans renforcement des effectifs et des équipements, une partie de ce patrimoine naturel pourrait disparaître sous les flammes.
Yolande Bazié
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