À Bobo-Dioulasso, des danseurs sourds et malentendants se produisent sur scène sans entendre la musique. Leur repère se trouve ailleurs, dans les vibrations du sol, le toucher et la langue des signes. Cette approche, appelée Vibra-Signe, permet à ces artistes de suivre le rythme et d’exécuter des chorégraphies musicales.
Les pieds nus posés au sol permettent notamment de ressentir les vibrations produites par les instruments. Le toucher peut également servir de signal pour indiquer le tempo ou un changement de mouvement. La langue des signes complète le dispositif pour transmettre certaines indications liées à la chorégraphie.
Pour les danseurs concernés, la pratique constitue aussi un moyen d’expression. Elle leur permet de communiquer autrement, de développer leur confiance et de mettre en scène leurs propres expériences.
L’approche a par ailleurs obtenu une reconnaissance lors des IXes Jeux de la Francophonie à Kinshasa, où une création chorégraphique basée sur cette démarche a remporté une médaille d’or.
Le Vibra-Signe illustre ainsi une autre manière d’appréhender la musique et la danse. Dans cette pratique, le rythme n’est plus seulement une question de son. Il devient aussi une sensation physique, perceptible à travers les vibrations et les mouvements du corps.
Yolande Bazié
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