Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique de souveraineté alimentaire. Le gouvernement a décidé d’investir près de 840 milliards de F CFA sur la période 2026-2028 afin de poursuivre et d’élargir l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique. Entièrement financé sur les ressources propres de l’État, ce programme ambitionne d’accroître la production agricole, de créer 125 000 emplois et de consolider les acquis enregistrés ces dernières années.
Cette décision a été annoncée à l’issue du Conseil des ministres du jeudi 30 juillet 2026, présidé par le Capitaine Ibrahim Traoré. La nouvelle phase de l’offensive intègre désormais les secteurs de l’hydraulique et de l’amélioration du cadre de vie, en cohérence avec les objectifs du plan RELANCE 2026-2030.
Le programme prévoit de renforcer les filières déjà développées tout en soutenant de nouvelles productions jugées stratégiques. Huit filières prioritaires sont ciblées, notamment le riz, le lait, le soja, le sésame, l’arachide, le blé, le manioc et le karité. D’autres productions, telles que le maïs, la pomme de terre et le poisson, bénéficieront d’actions de consolidation, tandis que des filières émergentes comme la banane plantain, le tournesol ou encore le cacao feront l’objet d’un accompagnement spécifique.
À travers cette offensive, le gouvernement vise une augmentation de 40 % de la production céréalière et entend maintenir durablement un taux de couverture des besoins alimentaires supérieur à 120 %.
Le Conseil des ministres a également examiné les résultats de la première phase de l’Offensive agropastorale, menée entre 2023 et 2025. Le bilan fait état de performances importantes, avec une production céréalière ayant dépassé les 7 millions de tonnes, permettant un taux de couverture des besoins de 124 %.
Les résultats enregistrés concernent également les filières animales et halieutiques. Plus de 58 000 tonnes de poisson ont été produites, plus de 30 000 kits de reproduction de petits ruminants ont été distribués aux éleveurs, tandis que 2 526 hectares de blé ont été emblavés et plus de 25 000 hectares de zones pastorales modernes aménagés.
Selon le gouvernement, ces performances ont favorisé une meilleure stabilité des prix des denrées sur le marché national, notamment grâce aux réformes engagées au sein de la SONAGESS et à une meilleure régulation des échanges commerciaux.
Sur le plan socio-économique, la première phase de l’offensive a permis la création de 91 027 emplois, dont plus de 26 000 permanents, avec une attention particulière accordée aux femmes, aux personnes déplacées internes et aux Volontaires pour la défense de la Patrie. La croissance moyenne annuelle du PIB agricole s’est établie à 12,13 %, pour un investissement public d’environ 274 milliards de F CFA.
Djamila Kambou
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