L’Algérie durcit sa réponse pénale contre les incendies volontaires. Les députés ont adopté jeudi 1er octobre une modification du Code pénal qui prévoit la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’avoir volontairement incendié des forêts, des bois ou des champs. Le texte doit encore passer devant le Conseil de la nation avant une éventuelle promulgation.
Le durcissement intervient après une série d’incendies meurtriers qui ont frappé le nord-est du pays durant l’été. Le bilan officiel fait état de 12 morts. Fin août, le président Abdelmadjid Tebboune avait demandé une révision du Code pénal pour renforcer les sanctions contre les auteurs et commanditaires d’incendies volontaires.
La réforme ne concerne toutefois pas uniquement les feux de végétation. Elle prévoit également la peine capitale dans certains cas de destruction volontaire de biens publics ou privés lorsqu’ils sont commis au profit de parties étrangères ou dans un cadre relevant notamment de la trahison, de l’intelligence avec l’étranger ou du crime organisé. Le texte vise aussi des actes considérés comme portant atteinte à la sécurité, à l’ordre public, à l’unité nationale ou à la stabilité économique et environnementale.
Autre volet important, l’enlèvement d’enfants est également concerné. La peine de mort pourra être prononcée contre les auteurs d’enlèvements, avec une aggravation lorsque la victime est torturée, agressée sexuellement ou mutilée. Jusqu’ici, l’incendie volontaire de forêts ou de cultures était notamment passible de 20 ans de réclusion, tandis que certains enlèvements aggravés pouvaient entraîner la perpétuité.
Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, défend cette réforme comme une réponse pénale destinée à lutter contre des crimes qu’il juge particulièrement graves. Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, contestent en revanche le recours à la peine capitale et demandent plutôt de renforcer la prévention et les moyens de lutte contre les incendies.
Le texte doit désormais être examiné par le Conseil de la nation. S’il est adopté, il devra encore être promulgué par le président de la République et publié au Journal officiel pour entrer en vigueur.
Yolande Bazié
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