N’Djamena, 27 octobre 2025 – Nouvelles Afrique
Un article de RFI a rapporté la tenue, le 26 octobre 2025, d’une réunion à Nantes, en France, entre plusieurs groupes politico-militaires tchadiens opposés aux autorités de N’Djamena, à l’initiative du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). L’information, présentée comme un simple rapprochement, soulève des questions sur la légalité et la portée diplomatique d’un tel conclave organisé sur le sol d’un État tiers.
Le FACT est une organisation armée que N’Djamena considère comme responsable de l’offensive d’avril 2021 au nord du pays, qui avait coûté la vie au président Idriss Déby Itno. Dans ce contexte, la convocation d’un bureau politique en Europe, rassemblant d’autres mouvements présentés comme rebelles ou civils, dépasse la simple expression politique. Elle peut être perçue comme une tentative de coordination d’acteurs hostiles à un gouvernement reconnu par la communauté internationale.
La France, État hôte de cette rencontre, est tenue par le droit international de ne pas permettre sur son territoire l’organisation d’activités susceptibles de déstabiliser un État souverain. Si la réunion a été autorisée, les autorités françaises devront clarifier son statut. S’agissait-il d’une rencontre politique déclarée et pacifique ou d’une concertation stratégique entre groupes armés. Dans le second cas, le principe de non-ingérence serait directement mis en cause.
À N’Djamena, des sources proches du gouvernement dénoncent un manque de neutralité et rappellent que le Tchad reste un État indépendant dont la stabilité ne peut être discutée à l’étranger par des acteurs armés. Plusieurs observateurs estiment que la tenue d’un tel conclave risque d’alimenter la méfiance entre Paris et N’Djamena, déjà mise à l’épreuve par la perception d’un soutien occidental ambigu vis-à-vis de certains mouvements rebelles.
L’article de RFI mentionne la présence de mouvements de société civile sans distinction claire entre organisations pacifiques et factions politico-militaires. Une telle assimilation brouille le débat et peut légitimer, dans l’opinion, des acteurs ayant choisi la voie des armes. Or la société civile tchadienne, active à N’Djamena et dans les provinces, agit publiquement dans un cadre légal, sans appel à la violence.
Dans un contexte régional marqué par les transitions politiques et la lutte contre le terrorisme, toute couverture médiatique de groupes armés doit être fondée sur la vérification des statuts, des objectifs et des implications diplomatiques. Présenter une coordination rebelle à l’étranger comme une simple rencontre politique revient à minimiser la portée sécuritaire et légale de tels actes.
Le Tchad, membre des Nations unies et de l’Union africaine, demeure un État souverain dont la stabilité conditionne celle du Sahel. La tenue d’un conclave de mouvements armés sur le territoire d’un autre pays doit être analysée avec rigueur. Quelle légitimité pour ces groupes, quelles garanties de non-violence et quelle position officielle de l’État français. Le respect de la souveraineté tchadienne et du droit international ne peut souffrir d’ambiguïtés. Informer sur ces faits exige précision, neutralité et sens des responsabilités.
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