Ce qui s’est passé au Niger dans la nuit d’hier, loin d’être une simple tentative de déstabilisation des institutions républicaines (quoique), doit plutôt être assimilé à une opération de brigandage politique et économique. Celle-ci n’est pas sans rappeler l’Amérique latine des années 1970, où des multinationales occidentales faisaient et défaisaient les régimes politiques sur fond d’exploitation des ressources naturelles.
Il n’est en effet plus un secret pour personne que le casus belli principal entre la France et le Niger concerne la gestion de la filière uranium, que le général Tiani, soldat patriote, a placée sous la coupe de son pays, au grand dam de la France, qui tirait d’importants profits de cette filière juteuse depuis l’installation d’Areva dans la région d’Arlit, au détour des années 1960. En expropriant, à juste titre, cette compagnie française, Niamey a provoqué le courroux de Paris, qui use depuis de tous les moyens pour rentrer dans ses prétendus droits.
Après avoir bloqué l’accès à la mer de la précieuse cargaison en activant ses relais et emprunté la voie de la justice internationale pour régler un contentieux qualifié d’imaginaire, c’est désormais l’hypothèse de la destruction pure et simple de cette richesse nigérienne qui est envisagée, par le biais de mercenaires recrutés et entraînés en Afrique de l’Ouest. La cible des attaques, à savoir l’aéroport international de Niamey, où serait stocké le minerai, le prouve à satiété.
Mieux, ces mercenaires auraient voulu faire d’une pierre deux coups en détruisant la base de l’AES implantée dans la même zone, ainsi que les appareils de l’armée de l’air, afin de briser le moral des troupes conjointes et celui des soldats nigériens. Une aventure suicidaire, quand on connaît la bravoure de l’armée nigérienne, qui a repoussé cette attaque lâche de la plus belle des manières, semant la désolation et la mort dans les rangs des assaillants.
Du reste, le président Abdourahamane Tiani avait anticipé cette « intrusion » armée en évoquant à maintes reprises les intentions bellicistes de Paris, préparant ainsi ses troupes à la riposte. Les faits lui donnent raison et confortent l’hypothèse d’un « hiver noir » évoqué par le capitaine Ibrahim Traoré, ce qui appelle à une vigilance accrue et à une mobilisation des peuples de l’AES pour accomplir leur destin et vivre dignement et librement.
Le « coup de Niamey » illustre à souhait le fait que l’impérialisme est un mauvais élève, qui n’a jamais tiré les leçons de ses échecs et qui reste prêt à tenter le diable pour atteindre ses objectifs. La détermination doit être la même chez nous dans cette lutte de libération nationale.
Quant à ceux qui avaient déjà commencé à chanter le requiem du pouvoir nigérien, ils peuvent ravaler leurs larmes d’hypocrites, car la situation est sous contrôle à Niamey et dans l’AES, où les questions nodales se résolvent progressivement. Nous vivons donc le temps des révolutions et nous nous assumerons jusqu’au bout.
Boubakar SY
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