Le Maroc interdira l’exportation de sardines congelées à compter du 1er février 2026, a annoncé Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime. Cette mesure, prévue pour une durée d’un an renouvelable, vise à renforcer la sécurité alimentaire et à garantir un meilleur approvisionnement du marché national.
L’annonce a été faite lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, en réponse à une intervention de la députée Nouzha Abakrim. La secrétaire d’État a expliqué que cette décision s’inscrit dans une feuille de route couvrant la période 2025-2027, dont l’objectif est d’augmenter la consommation annuelle de poisson à 19 kilogrammes par habitant.
Selon la responsable gouvernementale, cette politique cible en priorité les petits pélagiques, notamment la sardine, qui représentent environ 80 % des ressources halieutiques du pays. Le gouvernement entend ainsi mieux réguler l’offre et la demande afin d’assurer la disponibilité du poisson pour les consommateurs marocains.
Parallèlement à cette restriction, les autorités ont renforcé les infrastructures de distribution. Le pays dispose désormais de 12 marchés de gros de deuxième vente et de 8 marchés de détail modernes, reliant les ports de pêche aux zones de consommation. Les capacités de stockage frigorifique ont également été développées, passant de 10 unités en 2010 à plus de 80 aujourd’hui.
Le gouvernement soutient aussi la transformation locale des produits de la mer à travers des quotas de débarquement réservés à l’industrie nationale. En complément, les importations destinées au marché intérieur ont augmenté, atteignant 68 000 tonnes en 2024, afin de limiter les tensions sur les prix.
Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de gestion durable des ressources marines, liée au développement des grands ports du pays, tels que Tanger Med et Dakhla Atlantique. Les autorités affirment vouloir faire en sorte que les richesses halieutiques bénéficient en priorité à l’économie nationale et aux consommateurs.
Enfin, un appel à manifestation d’intérêt devrait être lancé prochainement pour attirer des investissements privés dans la mise en place d’un réseau national de distribution de produits congelés, afin d’améliorer l’accès des ménages aux produits de la pêche.
Yolande Bazié
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